DICK RIVERS

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"Dick'n'Roll"

Aprés trois années d'absence des scènes françaises, Dick Rivers. en compagnie du groupe Labyrinthe augmenté de deux cuivres, se remet à parcourir notre beau pays jusque dans ses provinces les plus reculées. Son spectacle comprend bien évidemment ses plus grands succès mais aussi une brochette de classiques du rock' n' roll. L'accueil du public est tellement formidable et l'ambiance torride à l'issue de ces concerts-retrouvailles que l'on ressort du placard un vieux projet laissé de côté depuis des lustres l'enregistrement d'un album entier de standards du rock' n' roll en anglais. Pas à Londres ni aux Etats-Unis mais plus simplement en France et précisément à Toulouse, au studio Condorcet du 26 au 30 juillet 1971. Sont présents tous ses amis de Labyrinthe. Donald Rieubon, l'un des meilleurs batteurs du moment, l'efficace Raymond Bureau à la basse, Bernard Photzer à la guitare solo, Claude Arini aux claviers ainsi que les frères Ptoquin, Jacques et Pierre, aux cuivres. Tout est prêt pour l'événement, le retour au véritable rock' n' roll tel que le chantaient les pionniers américains dans les années 50 et que finalement la France a peu connu, passant presque immédiatement par des déviations plus commerciales et moins violentes, twist et autre madison, Dick Rivers s'est particulièrement motivé en raison de son amour pour cette musique qu'il a découverte dés l'âge de 13 ans maie aussi par le retour tracassant d'Elvis Presley à Las Vegas.

C'est donc un peu plus de dix ans après les premiers enregistrements avec Les Chats Sauvages, en septembre 1971 que paraît l'album "Dick'n Roll", bain de jouvence et cadeau royal pour tous les amateurs de classiques du genre en cas temps de musique pop sophistiquée et progressive. Pas moine de quinze titres nous sont offerts, tous des grands standards datant de la seconde moitie des années 50. Le groupe Labyrinthe, renforcé de cuivres et choristes, se montre à la hauteur de l'enjeu. Dés les premières mesures de "Money" (That's What I Want) dont l'original fut chanté par Barrett Strong an1959. on voit d'emblée que l'on est en présence d'un chanteur qui connaît son affaire, la foi et la passion qui animent Dick Rivers se ressentent à chaque instant, la voix est précise et chaude. Pour un français c'est prodigieux d'avoir capté ces intonations, cet accent typiquement américain du terroir, presque sudiste ! Si l'on a cherché à retrouver le climat ut lu son d'une certaine époque Sun avec cet écho ai particulier des premiers disques d'Elvis Presley, Johnny Cash ou Jerry Les Lewis, les arrangements eux, apportent un sang neuf et un dépoussiérage bénéfique. "Johnny Be Good" créé par Chuck Berry an 1958 est ici privé de son intro à la guitare et la présence des cuivres a fait hurler en son temps le fan-club de Mr "Crazy Legs". Pourtant la musique doit être vivante et non momifiée... Notons le final très presleyen de Dick dans ce titre d'anthologie. "Lonely BIue Boy" est le type même du slow-rock qui tue. Gravée en 1958 par le King sous le nom de "Danny" mais publiée bien des années plus tard, cette ballade country-rock a été popularisée en 1959 par Conway Twitty tout est parfait dans ce morceau, le son affuté de la guitare solo, le phrasé impeccable de Dick Rivers, les chœurs soignés une belle réussite "Rip It Up" nous fait entrer dans l'univers de Little Richard qui le crée an 1956 il n'est d'ailleurs pas superflu de constater que notre rocker niçois l'a conservé à son répertoire plus de quarante ans après. Mention spéciale au piano qui swingue merveilleusement.

"Good Golly Miss Molly" maintient le cap chez Little Richard, ce monument du rock ayant vu le jour an 1956. Les cuivres sont utilisés judicieusement avec un tempo très syncopé et le chorus de guitare est remarquable. "My Babe" écrit par Willie Oixon a été popularisé par Little Walter an 1955 et Dick avec ses Chats Sauvages en avait fait la seule adaptation en langue française ("Oh Oui") an 1962. L'intro de Labyrinthe est inventive, le rythme communicatif, guitare et piano prenant tout à tour le chorus pour nous entraîner jusqu'à nous étourdir "Jenny Jenny" est un nouvel hommage à Little Richard qui a enregistré cette petite trouvaille en 1956. La voix du chanteur est fondue dans une ambiance de foule en délire et les cuivres se taillent la part du lion. "Not Fade Away" de Buddy Holly (1957) est le classique de référence chez Dick Rivers qui l'a enregistré cinq fois différemment ("Bientôt à Moi" an 1964, "Ya qu'çà d' Vrai" an 1991 ainsi qu'en anglais la même année, "lïve' sur le CD Authendick en 1996 et sur ce "Dick' n Roll'). Sûrement l'une des plages les plus intéressantes de ce disque avec utilisation de guitare fuzz, écho dans la voix et ce break de percussions ingénieux. Morceau fétiche s'il en est pour Dick que ce "Heartbreak Hôtel" lui rappelant sa découverte du phénomène Presley lorsqu'il n'était qu'un tout jeune adolescent à Nice. Il s'investit donc totalement, un écho du plus bel effet dédoublant sa voix, le piano et la guitare rivalisant d'énergie. Il n'est pas inutile de souligner que ce fut le tout premier hit d'Elvis, numéro 1 pendant 8 semaines au Billboard US en 1956. C'est toujours à Presley que l'on se réfère pour "Mystery Train" bien que son créateur soit Little "Junior" Parker & His Blue Flames dés 1953. Le rythme très sautillant, très speed des guitares est caractéristique, l'aisance et la maîtrise de l'artiste forcent l'admiration. Retour à la case Chuck Berry avec "Sweet Little Sixteen" déjà interprété par Dick en 1963 ("T'as Seize Ans Demain"), cette œuvre de 1958 est bien enlevée sur un tempo d'enfer, nos lascars connaissant leur sujet ! "Anyway You Want Me", face B du célèbre "Love Me Tender" de se majesté Elvis an 1956, est remarquablement rendu, les rock-médium convenant parfaitement à la voix veloutée, nuancée et profonde de notre rocker au cœur tendre "Baby Let's Play House" d'Arthur Gunter (1954) plus connu par Elvis Presley en 1955, démarre sur les chapeaux de roue et nous laisse sans souffle jusqu'au bout de ses quelques 2'06 et deux chorus de guitare décapants en prime "Whole Lotta Shakin' Goin' On", déjà gravé par Dick Rivers en 1964 est un méga-standard quasiment toujours attribué au "killer" Jerry Les Lewis qui l'a enregistré an 1957, cependant quatre versions au moins ont précédé celle du pianiste fou Rig Maybelle, Roy Hall, Dolores Fredericks et Les Commodores, toutes de 1955 ! L'arrangement est plus sobre que sur les autres titres, les cuivres moins en avant permettent au piano de s'exprimer plus volontiers le tempo respecte bien l'esprit original de ce morceau légendaire qui porte très haut les couleurs du rock' n' roll. Enfin et pour conclure "Send Me Some Lovin", quatrième incursion dans le répertoire de Richard Penniman alias Little Richard (1956) possède un relief particulier dû aux incessants changements de rythme.

"Dick'n'Roll" a suscité un véritable engouement à la fois de la part du public auquel il était destiné maïs aussi de la part des médias spécialisés de la presse écrite rock. L'album est commercialisé dans de très nombreux pays d'Europe (Allemagne, Belgique, Suisse, Hollande. Espagne), en Amérique (Canada, Brésil) et même au Japon. Le niveau des ventes, inespéré pour un artiste français s'exprimant en anglais, permet bientôt d'envisager un second volume, "The Rock Machine" ou "Dick'n Roll vol. 2" (voir dans cette même collection). Le respect du patrimoine légué par les pionniers du rock n' roll, la fougue, la sincérité et le talent de l'interprète restituent au mieux la magie de cette musique chaleureuse, envoûtante et éternellement vivante.

 

Exalead

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