DICK RIVERS

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"L' ?"

La comédie musicale "L'interrogation", septième album pour Dick Rivers, est éditée en janvier 1969. Un tournant musical dont on sentait les prémices avec l'album

"Dick Rivers Story" l'année précédente (dans cette même collection).

Ce disque demeure parmi les plus beaux et les plus réussis du chanteur, même si son succès médiatique n'a pas eu l'impact commercial escompté auprès du grand public.

Grand Orchestre made in France :

C'est dans les studios CBE à Paris et en deux semaines qu'ont été gravées les chansons de cette œuvre légendaire qui a failli s'intituler "L'histoire D'un Homme" ou "Le Voyage Extraordinaire de Monsieur X"

Et pourquoi "L'interrogation" ? La vie n'est-elle pas une interrogation ?

Et l'amour ?

Et la mort'?

N'est-ce pas comme un virus qui nous travaille tout au long de notre vie ? Cette idée forte est servie par de merveilleuses compositions de Bernard Ilous, Alain Legovic (futur Alain Chamfort).

Paul Piot. Billy Nencioli et David Christie. Les textes particulièrement soignés sont l'oeuvre d'Alice Malachina. Christine Fontane et Dick Rivers lui-même. Les chansons originales sont reliées entre elles par un grand orchestre à cordes de 72 musiciens dirigés par Paul Plot. Bernard Estardy est chargé de l'enregistrement. du mixage et des arrangements. La plupart des chansons sont enregistrée

selon une technique différente des précédents disques de Dick Rivers: en effet le chanteur doit susurrer ses textes très proche du micro, ce qui donne un climat trés intimiste et particulier à l'œuvre.

L'ouverture orchestrale est grandiose avec ses percussions et ses grandes envolées de cordes. L'auditeur est immédiatement conscient d'être en présence d'un disque exceptionnel. Dick pose sa voix sur un piano cristallin. bientôt rejoint par les violons. la basse et la batterie si bien qu'on se laisse tout naturellement porter par "Le Vent". introduction magistrale aux paroles romantiques. La chanson se classe honorablement au hit-parade de "Salut Les Copains" de février à mai 1969. "L'interrogation" au tempo survolté, débute avec le piano suivi de la rythmique basse-batterie, des cuivres et des cordes dans un ballet étourdissant, le débit des paroles est trés rapide. Ce deuxième acte s'achève dans un climat de tempête voire de tornade...avant l'accalmie.

 "Que Tout Change" est une merveilleuse mélodie enrobée des violons de Paul Piot qui dirige toujours son orchestre avec maestria. Le chanteur met tout son cœur dans une interprétation émouvante et les frissons sont garantis Le thème N°4, "La Couleur De L'amour" est une bossa-nova avec des chœurs superbes. un texte judicieux et une ambiance latino très agréable.

Des arpèges de guitare introduisent le morceau suivant "J'aime Une Fille" que Dick Rivers chante d'une voix douce et romantique avant d'aborder le thème du départ.

"Ce Train" sur le ton de la confidence et empreint d'émotion. Une batterie et une guitare nous entraînent vers "Le Pays Oublié", douce mélopée qui évoque le voyage vers une terre promise "Où tous les hommes sont heureux...". Une guitare flamenco, un zest de castagnettes et nous retrouvons un Dick Rivers vocalement plus familier pour "La Ville Nue".une chanson attachante avec ambiance méditerranéenne. Place au rock fougueux avec "Une Vie Entière" et ses fréquents changements de rythme qui donnent du relief à l'interprétation. "Le Condamné (Au Matin)" est un rythm'n'blues lent au climat pesant et lourd de signification. Le chant est donc plus pathétique et remarquablement mis en valeur par un Dick Rivers très en verve, cuivres et chœurs ayant ici un rôle primordial.

Nous sommes en présence du dernier acte "Je Sais" et les changements de tempo. les moments d'apaisement alternent avec des instants plus intenses qui mettent l'accent sur le sens profond des mots qui sont essentiels tout au long de l'œuvre. Le générique "Le Vent" est repris en épilogue et l'on s'aperçoit que la magie opère du début à la fin. Le tout dernier super 45 tours de la carrière de Dick Rivers est extrait de la comédie musicale et propose "La Couleur De L'amour", "Le Vent". "Le pays Oublié" et "L'interrogation".

Un Homme Est Mort

En bonus sur ce CD, treize chansons dont les quatre titres du super 45 tours commercialisé en octobre 1968. "Un Homme Est Mort" est une chanson riche en couleurs, l'introduction musicale un peu latino contribuant à l'atmosphère dramatique d'un texte très fort qui décrit un fait divers nu le refus de banaliser la disparition d'un homme qui s'éteint dans l'indifférence générale. Les arrangements de cuivres et violons sont de toute beauté et la voix transcende remarquablement cette œuvre de Jacques Revaux et Ralph Bernet. "Même" d'Eric Charden, Gérard Bourgeois et Jean-Max Riviére, est une composition très forte également très lente au départ et qui va crescendo pour atteindre une intensité réelle avec un piano très profond et des violons qui virevoltent sur une rythmique discrète. La voix de Dick est très ample et naturelle dans ce répertoire à ta mesure. "Cet Air Là" et "Tu ne Sais Rien" sont deux autres mélodies fort agréables.

Quelques maquettes démos...

En juin 1968. Dick Rivers enregistre quelques maquettes au studio B de Pathé-Marconi-EMI à Boulogne-Billancourt. L'ingénieur du son est Glande Wagner et le chanteur est alors accompagné par Les Sharks avec Michel Libretti à la guitare solo (ex-Players et futur Total Issue) et Coco Ameziane à la batterie Ces maquettes sont jugées de si bonne qualité qu'un single est commercialisé en Belgique (pas en France) avec deux reprises en anglais. "Summertime Blues" d'Eddie Cochran et "I Was Made To Love Her" de Stevie Wonder. Pendant les mêmes séances, "L'oiseau Noir" était resté inédit à ce jour. C'est un titre heurté. tout à fait dans l'esprit pop de cette fin des années 60 et l'on ignore quels on sont les auteurs-compositeurs. Deux démos studio inachevées ont également été conservées et nous avons voulu les restituer ici afin de faire plaisir aux inconditionnels du chanteur. Il s'agit de "Psvchédélic" et d'un titre composé par Jacques Revaux est baptisé "A La Sueur De Mon Front".

1969, année charnière ?

En mai 1969, Dick Rivers est de retour aux studios CBE de Paris pour y graver deux morceaux destinés au premier 45 tours simple officiel commercialisé on France le mois suivant. Après le semi-échec commercial de la comédie musicale sur laquelle Dick avait mis tant de cœur et d'espoirs. c est une période de doutes qui s'installe et il en est d'ailleurs ainsi pour tous les rockers français. Deux styles s'opposent alors les branchés que sont René Joly. Julien Clerc ou Gérard Manset et les gros vendeurs de variétés comme Claude François ou Jo Dassin. Il faut bien trancher et comme Jean Renard vient d'écrire coup sur coup deux énormes tubes. "La Maritza" pour Sylvie Vartan et "Que Je T'aime" pour Johnny Hallyday on lui fait confiance. "Pas Très Jolie" (dont le texte un peu surréaliste et la musique inclassable ne sont pas très convaincants) rate sa cible. La grosse voix qui fait "avec ton père..:" est celle de Bernard Estardy. "Il Y A Tout Juste Un An" est un joli slow bien écrit par Jean-Jacques Debout. La direction d'orchestre est toujours confiée à Paul Plot. En septembre, le dernier 45 tours de Dick Rivers pour la firme EMI Pathé Marconi est réalisé dans le même studio.

"Comme-Ci Comme-çà" d'Eric Chardon et Dick, ni rock ni slow, n'obtient pas davantage d'impact que son prédécesseur, par contre "Shalamako" de Paul Plot et Alice Malachina qui est une belle mélodie au texte original, obtient un beau succès au Québec et représente la France au festival de Barcelone. Une décennie s'achève, une page de la longue carrière de Dick Rivers est désormais tourné. Trente ans après, "L'interrogation" demeure une œuvre magistrale et l'un des albums les plus élaborés de l'artiste.

DUVALEX

 



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