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Dick Rivers à l'Alhambra

   

                               

  DICK RIVERS 
 Album - L'Homme sans âge -  
 Visuels presse  ©  Jérôme Macé - EMI 

 

                  Visuels  presse  ©   Jérôme Macé - EMI 

Les 2 et 3 décembre 2008, Dick Rivers se produisait à l'Alhambra, nouvelle salle à taille humaine sise entre la Place de la République et le canal Saint- Martin, idéalement conçue pour des concerts en show case où, d'emblée, l'acoustique semble envelopper l'assemblée, comme par magie.

Ce premier soir, à quelques minutes de son récital, le chanteur se faufilait au balcon pour une interview avec une chaîne de la télévision numérique. En attente du direct, masque figé à la "Buster Keaton", l'artiste laissait néanmoins entrevoir, par intermittences, quelques fulgurances de sourire comme si le pathétique osait autoriser la joie de vivre à lui faire des clins d'oeil fugaces...

Par bribes murmurées au micro d'un interlocuteur virtuel, "tout à fait" se télescopait, en une ironie devinée, avec "ruiné" et "tour de chant"...

Silhouette voûtée, tel un James Dean qui n'aurait pas connu d'accident tragique, le rocker s'en repartait ensuite vers les coulisses sous les applaudissements des privilégiés ayant assisté à ces prémisses impromptues car désormais, le spectacle était imminent.

Quelques entrechocs nets et secs des baguettes du batteur, les lumières débutaient leur virevolte audacieuse et les cinq autres musiciens pénétraient à leur tour sur la scène de l'auditorium sous effervescence.

En costume, de noir vêtu des pieds jusqu'à la chevelure, seule une cravate en lamé argenté paraissait concentrer la mémoire résiduelle du blouson clouté, de la banane, des chaînes dorées, des chaussures à bouts pointus et autres accessoires que le rocker adulait d'antan.

En effet, pour ses retrouvailles avec le public parisien, aucun bling-bling accroché à la panoplie! Exclusivement, une épure du maestro donnée en partage!

Quatre années auparavant, c'est sur les planches de Chaillot que l'artiste avait donné rendez-vous théâtral avec "Les Paravents" de Jean Genet, cassant définitivement son image "fifties" de rocker échappé des "Chats sauvages".

A l'instar de Jean-Pierre Mocky flirtant du cinéma aux musiques pop via le spectacle vivant, Dick Rivers, la soixantaine venue, avait, ainsi, souhaité ouvrir son éventail artistique.

Le voici donc parvenu en 2008, par-delà la musique Country qu'il ne cessera jamais de célébrer, à un album concept écrit par un jeune et talentueux compositeur, Joseph d'Anvers, par ailleurs déjà en collaboration avec Alain Bashung, et dont la présence effective était annoncée pour la représentation du lendemain.

Les douze chansons peuvent ainsi évoquer les amours perdus, la filiation, la solitude ou la vieillesse que la voix de Dick Rivers colore d'une étrange plainte pleine de mélancolie faussement désabusée.

"L'homme sans âge" donne le titre éponyme à cet album dont la maturité musicale pourrait aisément donner des frissons à ceux qui s'en laisseraient imprégner:

   

" J'ai pactisé avec le diable

vendu mon âme au plus offrant

j'ai voulu devenir un diable

je me suis offert le néant...

Puis j'ai regardé l'homme sans âge

emporter avec lui, l'enfant...

Je suis devenu ce que je ne suis plus

j'ai tout perdu, n'en parlons plus... "

   

Cependant, deux heures plus tard, au plus grand plaisir d'un public très baby boomer et, suite au "pot pourri" ayant permis à Franck Ridacker, en corps sensitif avec sa batterie, et Chris Spedding, en osmose inventive avec sa guitare solo de revisiter les grandes figures du Rock&Roll, place au chanteur pour des adieux jusqu'à le revoir en pareille inspiration synergique!

Theothea le 03/12/08

 

La derniére mise à jour de cette page date du 18/07/11

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