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Interview de froggydelight.com

Dick Rivers c'est une autoroute

 

Tu as une actualité assez intéressante, tu as fait l'album de Dick Rivers. J'ai cru comprendre que tu l'avais rencontré aux Francofolies ?

Joseph D'Anvers : En partie. Je vais te la faire courte parce que sinon... Je sortais de scène aux Solidays, et quelqu'un me dit que Dick Rivers voudrait que je vienne chanter avec lui, sur la grande scène des Francos. Je n'y croyais pas trop. En fait, c'était la manageuse de Dick qui, pour la petite histoire, est devenue la mienne, qui cherchait de jeunes souches pour Dick. Je connaissais Dick de nom, mais pas son répertoire, donc j'ai proposé de faire une reprise de Johnny Cash. On a fait I Walk The Line, tous les deux, guitare/voix, devant vingt milles personnes. Super bonne expérience, mais hyper flippant. Il m'a dit que si je pensais à de bonnes chansons pour lui, de ne pas hésiter. Je n'y ai plus trop pensé. Il me relance un peu. Puis, je commence à caler sur mon album, je me pose des questions sur ce que je veux faire, etc. A ce moment là, je commence à écrire pour Bashung, première expérience d'écriture pour quelqu'un d'autre. Ça se passe super bien, surtout avec Bashung. Donc l'idée de Dick me revient. Bashung et Dick ont bossé ensemble, ils avaient tous les deux une vision de l'Amérique et pour moi, ça prend du sens.

Donc j'ai écrit des chansons pour Dick, et elles lui ont plu. Il vient poser sa voix dans mon studio, et là, le frisson. Ce mec a une voix impressionnante. Je me suis mis à écouter un peu ses albums pour me faire une idée, et je me suis rendu compte que tout le monde lui écrivait des chansons au second degré, qu'ils se foutaient de sa gueule. Autour de moi, dès que je disais que j'allais faire des chansons pour Dick Rivers, ça faisait sourire. Je me suis dit que c'était dingue que le personnage est dépassé l'homme. Quand tu vas chez Dick, il y a une photo de lui avec Elvis, le King ! Ce n'est pas donné à tout le monde. Ça fait quarante-cinq ans qu'il est sur le pont, avec du bon et du moins bon. C'est un vrai rocker, il te parle du rock pendant des heures, comment il a rencontré Hendrix, comment les Beatles ont ouvert pour lui... Il a une histoire incroyable, comment a-t-il pu devenir ringard aux yeux des gens ? Je lui ai dit : "si j'écris l'album, je choisis l'équipe avec qui on va le faire. Et puis on va parler de choses sérieuses, je vais te faire parler de la mort, de la solitude, des choses premier degré. On parlera pas de l'Amérique, ni de ta banane". Tout le jeu de l'écriture a été de composer des chansons que je peux chanter, à trente ans, en étant crédible et que lui, à son age, puisse être crédible avec les mêmes chansons. Je suis content du résultat. Mon unique prétention, c'est pour Dick, parce que c'est un mec en or. Si quelqu'un écoute cet album et ne sourit pas, j'aurais gagné.

Je trouve que tu lui as fait un album qui m'a fait penser à un pont entre l'Amérique, un esprit grandiose à la Ennio Morricone ou Calexico, avec un petit bout de Golf Drouot.

Joseph D'Anvers : On en discutait avec son manager qui rêvait que Dick fasse son Nebraska, comme Springsteen. C'est-à-dire dix chansons, guitare/voix. En français, c'est un peu dur, tu ne peux pas le chanter comme de l'anglais et ce format risque être un peu chiant. Mais j'ai compris l'idée, je ne lui ai fait que des chansons mid tempo et il est possible de les  jouer guitare/voix. Après, pour l'album, il y a une production anglaise, quelque chose qui s'est vachement ouvert. Je les ai laissés faire, ils ont juste demandé une confirmation pour être sûr que ça ne trahissait pas les chansons. Je voulais des prises directes, pas de compositions des parties chantées, avoir un enregistrement avec un coté rugueux. Puis Dick, c'est une autoroute et ça l'a fait. Je n'ai pas voulu changer Dick Rivers, je n'ai pas cette prétention, j'ai voulu mettre en lumière une facette de lui que les gens connaissent moins.

Il en pense quoi de cet album ?

Joseph D'Anvers : Il est super content, l'album est super bien accueilli, et ça me fait plaisir de voir qu'il a des articles dans le Parisien, Le Figaro, Libération, les Inrocks, plutôt que les gens sourient en entendant parler de lui

 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 23/05/13

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