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Dick, 50 ans de carrière, cherche reconnaissance

3 novembre 2011 0 commentaire Jean Chalvidant

Dick, 50 ans de carrière, cherche reconnaissance

Titre : Mister D
Auteur : Dick Rivers (avec Sam Bernett)
Éditeur : Florent Massot
Prix : 19.90 euros - 187 pages Note Critic@

Attention, dès les premières pages, Dick balance : « Aznavour est surexploité. Dans ses best off, ses compils, ce sont toujours les mêmes chansons. Tu vas voir un concert d’Aznavour aujourd’hui, c’est le même qu’il y a vingt ans, trente ans. Et en plus, maintenant, il chante faux. » Baboum ! La boîte à gifles est sortie. Et on continue sur la même veine : « Il faut dire que les musiciens des groupes, ceux qu’on voyait sur scène ou sur la photo, les Chaussettes, les Pirates, les Daltons n’étaient pas des épées ! » ou encore : « On est quand même le seul pays au monde où les gens tapent dans leurs mains à contretemps pendant les spectacles. » Normal qu’il ait raison, puisque « Dick Rivers est un personnage que j’ai créé et qui est le plus grand chanteur du monde. » Manque pas d’air, le Niçois ! D’autres ? Avec plaisir : « Laurent Ruquier ne m’aime pas. Lui, c’est pire que tout. Il a une culture très primaire. » Ou encore : « Les restos du cœur, c’est une mafia. »

Bref, Dick balance et se livre à cœur ouvert à Sam Bernett, qui a la sagesse de savoir s’effacer devant l’idole. Eh oui, l’idole ! Le chanteur aux 700 chansons, qui vaut mieux que l’admirable « Twist à Saint-Tropez », l’ex leader des « Chats sauvages » qu’il quitte en 1962 en pleine gloire pour faire le métier en solo. Une carrière en demie teinte, comme il le reconnaît lui-même, lorgnant avec une envie non dissimulée sur celles de Johnny et d’Eddy. Et là, ça ne passe pas : « Je souffre de la non-exploitation de mon talent (…) Je suis à la recherche d’une plus grande reconnaissance de la part de mes pairs et du showbiz » avoue-t-il. On pense à la chanson d’Aznavour, « si je suis dans l’ombre, ce n’est pas ma faute, mais celle du public qui n’a rien compris », encore que pour lui, l’affaire se borne à l’absence d’un bon attaché de presse, comme Jean-Claude Camus ou Gilbert Coullier. Il faudra quand même lui susurrer que de telles pointures ne font pas tout : elles se contentent d’habiller un chanteur détenant au moins une BONNE chanson. Et cela fait quelques dizaines d’années que Dick a été infoutu de sortir un tube qui « file les poils », selon l’expression d’Axel Bauer, en dépit de son réel talent, et de la palanquée de méga bons musicos qu’il a dégotés ici ou là. Quoique, pour avoir écouté son dernier disque, on trouve néanmoins une pépite, « Mon septième ciel ».

C’est donc un Dick un brin mégalo et carrément dépité qui se livre au micro de Sam. Comme retiré des affaires, sur son Aventin. Il parle en businessman, en retraité, en papy, en regardant dans le rétro, avec une formidable envie d’en découdre de nouveau. Il évoque avec nostalgie ses trois femmes, le showbiz, ses confrères, Cabrel, M, rappelle son amitié avec Bashung, ou Coluche, s’étonne de ne plus être invité nulle part, en particulier chez Drucker qui se vautre tant dans le rétro ; heureusement que Nagui est là. Et en passant, discoure sans trop de liens sur Dieu, le rêve américain, le Québec où on l’aime tant, le fric, la Fête de l’Huma et le Front national. Il ne se tire d’ailleurs pas mal de cet exercice non obligé. Mais ne convainc guère lorsqu’il veut casser son exceptionnelle réputation de picsou.

Pour les prochaines éditions, merci de noter que la loi Hadopi s’écrit avec un h, qu’on ne dit pas « quelque soit la salle », mais « quelle que » et de prendre en compte que l’ORTF n’a été monté qu’en 1964, soit deux ans après qu’il le prétend. Un bouquin sincère, qui dévoile un personnage plus intéressant et plus complexe qu’il n’y paraissait et qu’on reverrait volontiers en haut de l’affiche, même sans ses Chats. Michel, si tu m’entends…

 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 07/11/11

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