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Article parue dans http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/28/1202994-dick-rivers.html

Dick Rivers , 50 ans de Rock

 

interview

Dick Rivers, 50 ans de rock

Dick Rivers adore parler. De lui, pas vraiment ; de musique, énormément. Et son actualité lui donne l'occasion de s'épancher longuement, entre confidences passionnées et recul amusé sur ce personnage de rockeur pur et dur, parfois « étouffant », qu'il a créé en 1961. 50 ans plus tard, Dick Rivers fait le bilan, en toute franchise dans « MisterD », un livre d'entretiens menés par son copain Sam Bernett. Son nouveau disque, qui sort lundi, porte le même titre mais l'approche est différente, pas rétrospective, juste au diapason de cette musique américaine qui l'a bercé depuis l'adolescence. Bien balancée, évocatrice d'ambiances bluesy, de cow-boys solitaires et de fascination pour les grands espaces.

« Mister D », c'est un retour aux sources ?

A mes racines musicales, certainement, même si j'y suis resté fidèle. Le disque est très électrique, très rock-blues. On l'a enregistré un peu partout, à Long Beach, à New York, à Bruxelles, à Austin, avant de le finir dans le home studio de mon réalisateur et compositeur Oli le Baron… à Balma.

Vous vous partagez toujours entre Paris et Pompignan, près de Toulouse ?

Le Sud-Ouest est l'endroit où je vis le plus souvent, dans mon ranch, avec de moins en moins de chevaux. Ma femme, avec qui je suis depuis 33 ans, est originaire de Toulouse. Toute ma famille est ici, beaucoup de mes amis aussi ; je m'y trouve bien, c'est mon havre de paix.

Que représentent les Etats-Unis pour vous ?

Toute ma génération a été biberonnée au rêve américain. C'était les années cinquante, 85 % des films venaient de là-bas. En France, on imaginait ce pays merveilleux qui nous semblait inaccessible. Les voyages étaient longs et compliqués. Je m'y suis rendu pour la première fois en 1965, à New York, qui est tout sauf l'Amérique. Deux ans plus tard, j'étais dans le vif du sujet, en Californie, en Alabama, au Nouveau Mexique. Je retrouvais mon rêve. Depuis, j'ai toujours joint l'utile à l'agréable, visitant le pays à l'occasion d'émissions de télé, d'enregistrements de disques.

Dans « Mister D », vos textes sont signés Jean Fauque, un proche de Bashung mais côté musique, c'est place à la jeunesse…

Mes disques, c'est d'abord du Dick Rivers, je ne cherche pas à imiter ce que font les Américains. Et j'ai toujours trouvé du sang neuf auprès des jeunes générations. En 1968, j'ai travaillé avec Gérard Manset, qui était « branché ». Au début des années 70, je chantais du rock en anglais, à Toulouse, avec le groupe Labyrinthe. Bashung était mon principal fan, il est devenu réalisateur et compositeur de mes disques. Plus récemment, il y a eu Matthieu Chedid, Benjamin Biolay ou encore Joseph d'Anvers pour « L'homme sans âge ». C'est peut-être ce qui explique ma longévité : je ne me prends pas au sérieux, je me remets toujours en question.

Rentabiliser un disque, c'est de plus en plus compliqué…

Notre métier est sinistré mais je crois que la sincérité, la pureté, la « véridicité », ça paie. Les gens sentent ce genre de choses. BB Brunes m'invite à la téle ; les jeunes dans la rue me disent : « M'sieur Dick, respect ! ». Je ne suis pas un caméléon, je n'ai jamais trahi l'homme que je suis.

Pas de retraite à l'horizon ?

Je comprends qu'un type qui s'est fait chier 40 ans dans son boulot aspire à du repos. Ce n'est pas mon cas : ma santé est bonne, j'ai toujours envie de faire de la scène, de plaire. Je pense avoir encore quelque chose à apporter et je compte bien repousser les limites. Je suis le plus jeune des vieux chanteurs

 

 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 28/10/11

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