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Se réinventer, toujours (11/04/2006)

Dick Rivers sort Dick Rivers. Un album qui lui ressemble, forcément
 

BRUXELLES "Hervé Forneeri connaút Dick Rivers et en connaút les bons côtés. Je suis trés méticuleux, je demande beaucoup à Dick Rivers". Dédoublement de personnalité? "Il y a un peu ça, sans doute", rigole Dick Rivers. "En réalité, c'est plutôt le regard des autres qui m'énerve. Le côté icône , légende. Qu'on m'ait classé dans une case, ça m'énerve. J'aimerais qu'on me connaisse plus pour ce que je fais que pour ce que je suis. Ce qui m'intéresse, c'est de parler de musique, de cet album que j'aime comme mon bébé." Et pour lequel il a su s'entourer du (des) meilleur (s) de la nouvelle génération... "Pour des raisons d'affinité et de vieille amitié, ça a commencé avec Francis Cabrel. En 1990, déjà à l'époque, je lui avais dit que ça me plairait qu'il me fasse une chanson. J'ai réitéré ma demande des années plus tard, sachant que j'allais sortir un album. ça faisait trés longtemps que j'avais envie de chanter une version française de Blue eyes crying in the rain, version Willie Nelson. Je lui ai donné une copie du CD, il a craqué et m'a amené le texte dans les 48 heures. Aprés, du coup, il m'a parlé de son beau-frére, Michel Françoise et à deux, ils m'ont écrit Je vis sur une úle. On est rentrés en studio et on a commencé la préproduction de ces titres."
 

  Et la machine était lancée...
 

"Oui, là je me suis dit que c'était une bonne idée de choisir des gens qui d'habitude ne travaillent pas avec moi. Je me tue à le dire: je suis un interpréte, pas un auteur-compositeur. Mon métier, c'est de m'approprier les chansons. Nicola Sirkis, que j'aime bien, m'a conseillé d'appeler Mickey 3D: Il m'a écrit quatre titres. Cet album, c'est un échange de respect mutuel et d'amour de la musique. Cette nouvelle génération m'intéresse autant que moi je les intéresse."
 

Et Mathieu Chédid?
 

"Je l'ai vu en concert et j'ai complétement craqué. Ce garçon est un show-man... Je retrouvais - en techniquement plus avancé - la même spontanéité, la même naïveté que j'avais à mes débuts. Je suis allé le saluer en coulisses et je lui ai carrément demandé s'il ne voulait pas réaliser l'album. Il n'avait pas le temps, mais a dit qu'il voulait bien écrire..."
 

Mathieu Bogaerts?
 

"Il m'a vu en concert et il m'a dit qu'il avait une idée pour moi, qui serait complétement différente de mon univers. Ou du moins de ce qu'il en imaginait. C'est comme ça qu'il m'a écrit Ma doudou . Benjamin Biollay, j'étais au studio ICP et le bassiste avec lequel je bossais travaillait avec Benjamin. Le lendemain, il m'appelait, on déjeunait ensemble et il voulait réaliser l'album. Ce sont tous des gens que j'aime et je crois que j'ai voulu savoir s'ils m'aimaient autant..."
 

On a beaucoup d'idées préconçues sur vous et votre univers musical?
 

"Ce mois-ci, ça va faire 45 ans que je fais ce métier. J'ai commencé ici, à l'Ancienne Belgique. Je touche à peu prés deux générations et demi. Pour ces jeunes auteurs, qui m'ont connu dans la deuxiéme moitié des années 80, je suis un personnage déconnant avec José Garcia et Antoine de Caunes sur Canal+. Chacun a un petit Dick Rivers et chacun veut amener sa pierre à l'édifice."
 

Vous osez plus de choses avec le temps?
 

"à condition que ça me ressemble. Moi, vous savez, je peux chanter le bottin! L'important, c'est la maniére dont les gens me voient. J'ose des trucs sur moi. Les gens ne le savent peut-être pas, mais j'ai beaucoup d'humour, j'aime bien déconner. Souvent, on me demande ce que c'est la rock'n'roll attitude. Pour moi, c'est se réinventer tous les jours. Se surprendre, faire des choses."
 

Vous avez écrit des livres, alors pourquoi pas vos chansons?
 

"Je n'y arrive pas! J'ai essayé, mais j'ai toujours l'impression que c'est mal fait. Mais j'adore écrire, j'ai toujours des fiches, des carnets, des bouts de papier. J'écris tout ce que je dois faire, dire, de peur d'oublier quelque chose. Les bouquins, il faut qu'une petite idée déclenche l'histoire. Parfois, ça peut mariner pendant dix ans."
 

  Quand Michael Furnon débarque avec Ode à Dick, vous vous frottez les mains parce que c'est plein d'autodérision?
 

"Ma premiére réaction a été Je ne peux pas chanter ça . Mais Mickey, Matthieu Chédid et le réalisateur, Mitch m'ont convaincu du contraire. Ils avaient raison: c'est une carte de visite pour effacer toutes les choses légendaires qui peuvent être dites sur moi. Finalement, c'était marrant comme tout alors qu'au départ, j'avais peur qu'on prenne ça pour de la prétention."

 

Propos recueillis par Isabelle Monnart Retour

© La Derniére Heure 2006

 

 

 

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