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Article parue dans dixhuitinfo.com

Dick Rivers, rock n’roll au cœur du 18e arrondissement

 

3 décembre 2008 par Philippe Bordier

Au début des années 60, Dick Rivers a popularisé en français le rock n’roll d’Elvis Presley et de Gene Vincent, sans jamais en renier les valeurs. Le rocker vit dans le 18e arrondissement de Paris depuis 40 ans, quartier qu’il apprécie pour sa population mélangée. Il donnera deux concerts à l’Alhambra de Paris les 2 et 3 décembre 2008.

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Dick Rivers a enregistré près de 700 chansons, en 47 ans de carrière.

C’est une silhouette longiligne, noire de la racine des cheveux jusqu’au bout des santiags. Une ombre sèche et noueuse, à l’image d’un sarment de vigne. La gestuelle est économe. Bien loin des déhanchements audacieux de Twist à Saint-Tropez, titre enregistré sur le premier disque du bonhomme, le 24 avril 1961, avec les Chats Sauvages. C’était le jour de ses 15 ans. Aujourd’hui, Dick Rivers porte haut ses 62 ans et n’a plus rien à prouver. Alors, au diable les effets de manche : il ne danse plus son rock n’roll, il le savoure. Autour de lui, ses musiciens, portés par une rythmique d’acier, mènent un train d’enfer. Assis sur un tabouret posé sur la scène, Dick Rivers allume une énième cigarette en plissant les yeux. À cet instant, le monde s’écroulerait, que ce dingue absolu d’Elvis Presley ne s’en apercevrait probablement pas.

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Alors, au diable les effets de manche : le rocker ne danse plus son rock n’roll, il le savoure.

Dick Rivers rode son répertoire en prévision des deux concerts qu’il donnera à l’Alhambra, dans le 10e arrondissement de Paris, mardi 2 et mercredi 3 décembre 2008. Il jouera deux heures. Une bonne moitié du show sera consacrée à l’interprétation de nouveaux titres, notamment ceux de L’Homme sans âge, son nouveau disque. Puis il sera l’heure d’enchaîner les tubes, ses adaptations dans la langue de Molière d’hymnes rock n’roll américains, qu’il interprète façon Rivers depuis toujours. Un répertoire qui l’a conduit à fréquenter la fine fleur du rock n’ roll tout au long de sa carrière : de Vince Taylor à Gene Vincent, en passant, bien sûr, par le King lui-même, Elvis, rencontré en 1970, dans un hôtel de Las Vegas aux Etats-Unis.

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« Je suis comme un acteur de cinéma, à la recherche d’un beau rôle, d’une belle histoire. »

Dick Rivers répète son spectacle dans les locaux de son label discographique, EMI, situé rue du Mont Cenis, dans le 18e arrondissement. C’est à deux pas de chez lui, rue Championnet, où il a retapé, voilà une vingtaine d’années, une vieille serrurerie au fond d’une cour. Né à Nice en 1946, Hervé Forneri, son véritable patronyme, s’est entiché très tôt de l’arrondissement. « Un peu par hasard et toujours grâce aux femmes », raconte-t-il dans un grand sourire. Au début des années soixante, c’est un petit studio rue de Clichy qu’il partage, un temps, avec l’une de ses conquêtes. En 1968, il achète un appartement à Montmartre, rue Norvins. Son ex-femme y vit toujours. Enfin, en 1998, pour les beaux yeux d’une blonde, il acquiert la vieille bâtisse rue Championnet.

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Dick Rivers habite depuis 40 ans dans le 18e arrondissement de Paris.

Le rocker sort peu dans le quartier. « Le coin a changé, regrette-t-il. Les commerces de la rue Championnet se meurent. Des bars communautaires s’installent. La convivialité disparaît. » Il s’en est ouvert au maire de Paris, Bertrand Delanöe, qui a promis d’aller vérifier sur place. Dick Rivers serait-il devenu une star capricieuse ? « Non, rétorque le gaillard. J’ai assez d’argent pour vivre où je veux. Mais, j’ai besoin de la ville, de ses mélanges : les nationalités différentes, les jeunes avec les vieux. »

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En studio, avec Joseph d’Anvers, qui a écrit et composé son nouvel album.

C’est dans ce métissage des générations que l’artiste interprète puise sa longévité discographique et scénique : les fleurons de la nouvelle chanson française (Benjamin Biolay, Matthieu Boogaerts, Joseph d’Anvers) ont composé ses deux derniers albums et les musiciens qui l’accompagnent sur scène n’ont pas trente ans. À l’exception notable du guitariste anglais Chris Speeding (Bryan Ferry, The Sex Pistols, The Who…), 64 ans, lequel aligne ses accords meurtriers avec une régularité à faire pleurer les jeunots. « La musique rassemble, insiste Dick Rivers. Un monde tout en musique, ce serait vraiment le pied. »

« Un disque qui me ressemble »

Publié en juin 2008, L’Homme sans âge, le nouvel album de Dick Rivers, a été écrit et composé par Joseph d’Anvers, un jeune auteur compositeur actuellement en vue sur la scène française. C’est un disque mélancolique à l’esprit rock n’roll, truffé de sonorités originales et interprété par des musiciens talentueux. « Il me ressemble, explique le chanteur. Ce disque raconte ma vie, les amours déçus, la solitude. Ma jeunesse qui s’en est allée trop vite. N’oublions pas que je suis passé brutalement de la mobylette à la Cadillac ! »
L’Homme sans âge (EMI)

En concert mardi 3 et mercredi 4 novembre 2008, à l’Alhambra, 21 rue Yves Toudic, 75010. Renseignements et réservations : www.alhambra-paris.com

La discographie et l’actualité de Dick Rivers : www.dick-rivers.com


 

La derniére mise à jour de cette page date du 18/07/11

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