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Article parue dans le jdd.fr

Docteur Rivers et Mister D

Dick Rivers

 

RETOUR. Fou de lui, le rocker compte bien toucher le grand public avec le disque et le livre de sa vie. Enfin!

Il s’adore, Dick Rivers. Et quoi qu’en disent Johnny et Eddy, éternels rivaux à côté desquels il passe pour un troisième larron, il soigne sa banane… Cinquante piges que ça dure et cela ne risque pas de s’arranger avec Mister D, cet album qu’il sort demain et dont il est fier comme un pou, au point de publier dans la foulée un livre à sa propre gloire, Mister D. Entretiens avec Sam Bernett (éd. Florent Massot), où il fait écrire noir sur blanc : "Je suis prêt à tous les deals parce que je m’aime par-dessus tout." Les jaquettes du livre et du disque sont flanquées du même cliché : le visage pointu du rocker natif de Nice en sueur, photographié de si près qu’on se demande s’il ne se transforme pas, la nuit venue, en dangereux forcené ou en Johnny Cash.

Il n’a jamais écrit une note, ni un mot

Non, le "vrai" Dick Rivers a beau être plus coriace qu’un rat, il sait aussi se faire doux comme un veau. Pure invention d’Hervé Fornieri qui a emprunté ce nom au personnage interprété par Elvis Presley dans le film Loving You (1957), il s’est lancé en 1961 au sein du groupe les Chats Sauvages, alors grand rival des Chaussettes Noires, chères à Eddy Mitchell. En solo dès 1962 et avec la constance d’un chef sioux, il a, depuis, enquillé les tournées et les albums (plus de trente à ce jour, la plupart autoproduits) sans jamais écrire une note ni un mot. "Je suis un pur interprète, une espèce qui se raréfie", se félicite-t-il tout en se remémorant ses derniers pairs à ce jour dans la variété française : "Pagny, Johnny, Nolwenn… Plus tant que ça!"

"Je cherche à me plaire"

Alors qu’on ne lui demande pas de jouer avec l’une des Gibson acoustiques de collection qui trônent à côté de sa télé géante dans son cosy séjour à Montmartre, l’insolent rétorque qu’il n’en joue "presque jamais" et, sourire en coin, confesse qu’il ouvre plus souvent ses bras à Bernard, son basset, câlin comme pas deux… Si son album Mister D lui vaut un nouveau manager et lui promet déjà une longue tournée, c’est aussi parce que Dick Rivers l’a concocté avec Oli Le Baron, jeune rocker compositeur de Toulouse remarqué pour ses solos frénétiques au côté de Raphaël, ainsi qu’à Jean Fauque et Joseph d’Anvers qui signent plusieurs textes. "Quand je fais un disque, je cherche à me plaire, je suis toujours en quête d’innovations, de modernité. C’est comme ça que j’ai bossé avec Gérard Manset dès 1968, et bien sûr avec mon ami Alain Bashung entre 1970 et 1975…"

Bref, les connaisseurs n’ont plus qu’à tendre l’oreille et à rester calmes quand, d’une voix sensuelle mais plus sérieux qu’un pape, Dick leur chuintera "Le mal qu’ils m’ont fait" et, le clou, "C’est dur d’être Dieu, oui je sais…"

* Mister D (Mouche/XIII bis/Warner), sortie le 31 octobre. En concert le 21 novembre au Casino de Paris et le 31 mars à l’Olympia.

Alexis Campion - leJDD.fr

dimanche 30 octobre 2011

 

 

Dick Rivers sort un album et un livre sur sa vie. (Maxppp)

 

 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 02/11/11

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