Le Chat sauvage ne reste pas en cage

À 66 ans, Dick Rivers est resté un Chat sauvage, comme au bon vieux temps du rock’n’roll. Et continue à vagabonder sur les scènes de tout le pays. Samedi soir, il sera à la Passerelle de Florange. Interview.

Dick Rivers sera sur la scène de la Passerelle de Florange, samedi. Avec 51 ans de carrière au compteur, l’infatigable rocker est resté l’idole de bien des générations. Photo DR

 

Dick is back ! Et Rivers n’a pas changé de bord, toujours sur le pont. L’infatigable rocker est reparti pour un Gran’tour, titre de son dvd live sorti cette semaine, sur les scènes de tout le pays. Car le Chat sauvage ne reste jamais longtemps en cage… Entretien avant son concert à Florange, samedi soir.

Dans l’un de vos derniers titres, Reverse, vous dites : "ça fait cinquante que je chante, je ne suis pas un fantôme pourtant ça me hante". Qu’est-ce qui vous obsède depuis tout ce temps ?

Dick RIVERS : « Rien du tout ! Tout va très bien. C’était plutôt une réponse à tous ces gens qui me situent dans le temps. Mon premier disque est sorti le jour de mes 15 ans et pour beaucoup vous représentez une période. Je trouve ça très agréable, amusant. Mais ce qui compte, c’est aujourd’hui et demain. »

Vous chantez aussi souvent les années 60. Toujours fan des sixties ?

Dick RIVERS : « Pas du tout ! En fait, je déteste les années 60. Je n’en suis pas spectateur, j’étais un acteur de ces années-là. Ça n’a rien à voir avec de la nostalgie. C’est même un mot que j’exècre, sauf quand c’est pour parler des bons souvenirs. Musicalement et socialement, il s’est passé plein de choses à cette époque. J’en suis fier et heureux, mais comme je l’ai dit, ce qui compte c’est aujourd’hui et demain. Parce que je suis un éternel débutant qui se remet toujours en question. »

C’est pour cela que vous avez notamment travaillé avec M, Benjamin Biolay ou Mickey 3D ?

Dick RIVERS : « Vous savez, je suis une sorte de vampire. Je me suis toujours entouré de personnes qui m’apportent quelque chose, qui me permettent d’avancer. J’ai besoin de sang neuf, d’idées nouvelles. N’oubliez pas que je ne suis qu’un interprète. J’ai la chance de pouvoir choisir des chansons, sans le problème de la page blanche. »

S’associer à cette génération d’artistes, c’est une façon de rester dans le coup ?

Dick RIVERS : « Oui et non, même si on peut se tromper. En tout cas, je ne le fais pas pour ça. Je fonctionne par affinités musicales, par rencontres. Je n’ai jamais rien calculé, cela fait 51 ans que je vis à l’instinct. »

Écrire et composer ne vous a jamais tenté ?

Dick RIVERS : « Je ne sais pas le faire, j’écris de la prose, pas des vers. Je n’ai pas le talent pour ça. C’est un métier, mais pas le mien. »

Vous avez sorti Mister D l’année dernière, un dvd live cette semaine et la tournée court jusqu’à l’été prochain. Vous êtes encore loin de la retraite !

Dick RIVERS : « Oh oui ! Même si j’y suis officiellement car j’ai 66 ans… Mais c’est de famille, mon père était boucher, il a continué à travailler longtemps après sa retraite. Actuellement, je prépare un autre album pour la fin d’année prochaine, donc oui je suis bien parti pour continuer. »

Samedi, vous serez en concert à Florange, ville sous les feux de l’actualité… Beaucoup d’artistes sont venus soutenir les sidérurgistes d’ArcelorMittal. C’est quelque chose que vous pourriez faire ?

Dick RIVERS : « Moralement, oui. Bien sûr que je les soutiens. Ces hauts fourneaux sont les plus rentables d’Europe. Mais en tant qu’homme public, je n’ai jamais participé à quoi que ce soit qui pouvait être connoté. En privé oui. Un artiste n’a pas à faire l’étalage de ses opinions devant la caméra. Maintenant, peut-être que je rencontrerai des sidérurgistes au concert et j’en serais ravi. »

Et sinon, Dick Rivers est-il resté un Chat Sauvage ou devenu un gentil matou ?

Dick RIVERS : « Je suis toujours un rebelle ! Je n’ai jamais aimé les choses conventionnées. Il n’y a que mes artères qui ont vieilli, pour le reste je suis le même qu’à mes débuts. On ne peut pas dire que j’ai fait beaucoup de concessions dans ma carrière. Je ne me suis jamais déguisé et je crois que c’est ce qui plaît aux gens. »

Dick Rivers à la Passerelle de Florange, samedi à 20h30.

 

La dernière mise à jour de cette page date du 11/02/14

Dick Rivers