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Article parue dans le journal Francesoir.fr

Dick Rivers : "Ne me parlez pas de Johnny !"

 

Des Chats sauvages à son nouvel album, Mister D, il en a traversé des époques ! Et il est toujours là, fidèle à une certaine idée du rock. Même s’il se sent parfois mal-aimé…

 

Dick River sort un nouvel album

Dick Rivers sort un nouvel album

Un nouvel album qui va à l’essentiel et, derrière lui, cinquante ans de carrière. Soit cinq décennies pendant lesquels il a fallu compter avec Dick Rivers. « Moi, on me fout à la porte, je reviens par la fenêtre ! », s’amuse-t-il. Dans la chanson Reverse, qui ouvre ce Mister D à la fois sombre et de belle facture, il s’amuse de la situation. Extrait : « Ça fait déjà cinquante/cinquante ans que je chante/Que je vis ma vie/La vie que j’invente… » Tout est dit.

De fait, Hervé Forneri – son vrai nom – a une idée très précise de son personnage. Soit un certain Dick Rivers, qu’il a créé un beau jour de 1961 alors que le rock bourgeonnait en France, notamment grâce à son groupe Les Chats Sauvages. « C’est un vrai dédoublement de personnalité, explique-t-il. Mais je ne laisse rien passer à Dick, je suis très critique à son endroit. On imagine que je dors dans un juke-box, que j’ai une collection de voitures américaines… C’est peut-être à cause de mon look. Au final, je gagne à être connu ! »

Ténacité

Il est comme ça, Dick, il aime parler de lui, n’hésitant pas à dire qu’il est « comme un bon vin », qu’il se « bonifie avec le temps. » Et à écouter cet album aux climats variés comme ses récentes productions, il est vrai que l’homme a su tracer sa route, témoignant d’une droiture et d’une ténacité certaines. « Mon pied, c’est d’être aimé et reconnu, assume ce grand garçon de 65 ans. Tous les autres artistes qui disent le contraire sont des menteurs ! Une de mes plus grandes fiertés, c’est quand des gamins dans la rue me reconnaissent. » Ça ne rate d’ailleurs jamais. Avec ses cheveux corbeau, ses santiags et sa démarche à la Lucky Luke, Dick Rivers ne passe pas inaperçu, ne fait rien pour, bien conscient que sa notoriété est un atout, une vraie récompense. Tout comme la présence de ces jeunes gars qui bossent avec lui, ces Joseph d’Anvers, Oli Le Baron (aux manettes de Mister D) et tous les autres (Benjamin Biolay, Matthieu Chedid, Mickaël Furnon…) qui lui ont par le passé écrit des chansons.

"Pas aidé par les médias"

Comme tant d’autres de sa génération, Dick Rivers a traversé des tempêtes, connu sa traversée du désert. Entre 1968 et 1971, plus précisément. « A ce moment-là, on m’avait même conseillé de me reconvertir dans l’immobilier, se souvient-il. J’étais considéré comme un has-been, complètement dépassé par Woodstock, les babas-cools et la variété de Mike Brant. Des trucs auxquels je ne comprenais rien. » Avec son pote de toujours, le feu Alain Bashung, il est alors revenu aux sources, enregistrant un album de reprises de classiques intitulé Dick & roll. Après, c’était reparti. Il se souvient : « Entre 1975 et 1986, j’ai même connu un pic. En revanche, quand il y a des émissions sur les années 1980, ils ne pensent jamais à moi. Y a toujours les mêmes, les Patrick Juvet et compagnie. De toute façon, je n’ai jamais été aidé par les médias. »

Des médias qui se sont depuis toujours focalisés sur les deux autres, Johnny et Eddy, qui, comme lui, ont inventé le rock en France. Et lorsqu’on lui jette ces deux noms, il s’agace. Il s’agace très fort, même : « On me parle toujours de ces deux-là ! J’en ai marre. Hallyday n’est même plus un chanteur, c’est un cirque à lui tout seul. S’il n’y a pas un accident people, il n’existe plus ! Mitchell, c’est pas pareil, c’est un type très cultivé, il écrit de très belles chansons, c’est un excellent acteur. » Reste que pour lui, ils ne jouent pas dans la même cour. Une cour dans laquelle Dick est forcément le roi.

 

 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 21/10/11

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