DICK RIVERS

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   Dick Rivers en concert dans l'Hérault : "Je suis le plus jeune des dinosaures"

Le rockeur est en concert ce jeudi, à 21 h au Sonambule, à Gignac (Hérault). Avant de redémarrer sa tournée, Dick Rivers fait le point sur le rock’n’roll, le disque, sa carrière, les idoles…

Qu’est-ce qui vous fait encore courir 57 ans après vos débuts ?

La scène, le public, le contact ! En vérité, je suis né sur scène. J’ai commencé j’avais 15 ans. J’ai sorti mon premier disque en 1961, aussi je fais partie de cette génération qui se devait de faire de la scène.

Par la suite, certains ont pu avoir du succès sans en faire, mais nous, on nous a mis tout de suite devant un public. Cela fait donc partie de mes racines, peut-être même de mes gênes. Et puis, vous savez, je n’ai que 73 ans, je suis le plus jeune des dinosaures

Vous êtes toujours resté fidèle au rock’n’roll. Parce que c’était votre premier amour ?

C’est ma culture, point. Et puis, fidèle, je considère que ce que je fais depuis une trentaine d’années trahit une évolution vers un style plus country-rock. Le vrai rock’n’roll, j’en fais en ce moment sur scène pour mon plaisir et celui du public, j’espère. Mais celui qui a bercé ma prime jeunesse n’existe plus.

Il n’empêche, vous avez gardé "l’esprit rock", non ?

Oui, voilà, je préfère ça ! Quant à savoir ce que c’est qu’être rock, c’est une affaire d’attitude tout autant que de façon de penser. C’est au fond très compliqué à expliquer. Moi, j’appartiens à une génération qui était, entre guillemets, "rebelle sans raison". Nous rêvions de nous éloigner de nos parents, mener notre vie en toute indépendance.

Aujourd’hui, c’est un peu l’opposé : beaucoup de jeunes restent chez leurs parents, ont peur d’affronter la vie ou font tout ce qu’on attend d’eux…

Être rock, c’est donc être anticonformiste ; ce que vous êtes…

Oui, si vous voulez… Oui, mais, bouah… Après, c’est la vie qui vous fait évoluer. J’ai eu, pour ma part, la chance énorme d’avoir rencontré des gens fabuleux qui m’ont fait avancer, et grandir. J’adore apprendre, moi. Comme je dis souvent, j’ai été aussi ravi de rencontrer Édith Piaf et Georges Brassens qu’Elvis Presley et les Beatles. J’en étais aussi fier et cela m’a construit tout autant.

Récemment, on vous a entendu au côté de Julien Doré sur "Africa", de Rose Laurens. La chanson est démente et votre voix… On vous verrait bien faire tout un album de reprises, un peu comme Johnny Cash avec ses "American recordings"…

Johnny Cash était produit par Rick Rubin, tout de même ! Le truc formidable, c’est qu’il a fait oublier le fait qu’il s’agissait de reprises, on a la sensation d’entendre des originaux, parce qu’il a sa voix, sa personnalité… Peut-être que je pourrais m’en tirer aussi, mais il me faudrait un sacré producteur ! Et pour tout vous dire, aujourd’hui, les disques, ça ne m’intéresse plus vraiment. Il n’y a plus de marché pour ça.

C’est une considération économique, ça, mais artistiquement… Voyez les albums que vous avez sortis ces dix dernières années : peu d’artistes peuvent se vanter d’une telle succession de perles à ce stade de leur carrière. On espère donc une suite !

Oui, je sais qu’ils sont très bien et produits par mon Oli Le Baron… Il n’empêche, tout le monde aujourd’hui se fiche un peu du disque. Il n’y a plus de support, tout est dématérialisé, disponible en streaming… Il n’y a plus ce culte de l’objet…

Après, un disque, c’est une affaire de rencontre ; je ne suis qu’un interprète, j’ai besoin que quelqu’un vienne vers moi avec une très bonne idée. Matthieu Chedid, Joseph d’Anvers, Benjamin Biolay, Mickey 3D… tous ces jeunes talentueux et dynamiques m’ont fait de super propositions que j’ai fait miennes. Je suis une sorte de vampire !

Si on perçoit votre influence chez Mustang, Juniore, La Femme, Aline et d’autres groupes actuels, il nous semble qu’on ne mesure toujours pas votre importance dans le rock en français…

Bah, c’est sans doute vrai mais c’est comme ça, il y a des hauts, il y a des bas. Comme je le dis souvent en rigolant : "Je suis une légende…" Quand les gens passionnés me parlent de moi, j’ai l’impression qu’ils parlent d’un autre ; ils en savent tellement plus que moi. Après, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? J’en ai tellement traversé !

Un mot sur Johnny ?

Si vous voulez… Il fait partie d’une part de ma vie. On s’est beaucoup croisé, on a fait plein de choses ensemble, des concerts, des télés… Humainement, je le respectais, je l’aimais bien et je crois que c’était réciproque, mais je n’étais pas son ami comme pouvaient l’être Eddy Mitchell ou Jacques Dutronc, ses copains d’école, de bande, de bringue…

Au final, n’est-ce pas mieux d’être le "troisième homme" ?

Oh, oh, oh, je n’en sais rien (rire) ! Vous savez, moi, je ne me compare pas aux autres.

Mais cette position d’outsider vous a épargné de faire des concessions commerciales qu’ils ont eues, eux, à faire…

C’est moi qui n’ai pas voulu ça, faire ce genre de trucs, être un hippie quand c’est la mode d’être un hippie, faire du disco ou de la variété. Je n’ai jamais suivi les tendances. J’ai fait ma propre mode, enfin je pense.

À certains moments, la mode m’a rejoint, à d’autres, elle m’a quitté… C’est le cycle de ma vie.

Et c’est ainsi que pour reprendre un terme du blues, vous avez conservé votre "mojo" !

Absolument, c’est vous qui l’avez dit. Absolument !

# Ce jeudi, à 21 h, au Sonambule, à Gignac. 5 € à 18 €. 04 67 56 10 32.


                                                                                                                       

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