DICK RIVERS

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Dick Rivers au Sonambule de Gignac le 20/09/18

[ LIVE REPORT ] ROCK - concert, rock 60's, rock français, tournée 55 ans

Lundi 29 Octobre 2018 à 10h00, by Laetitia maciel

 

        
 
 

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La vague revival a le vent en poupe on le sait, mais quid de ceux qui n'ont pas besoin de se la jouer vintage ? Ceux dont la carrière sonne 55 ans et qui continuent de jouer du bon vieux Rock, sans veste à franges ? Pour répondre à cette question, on est allé voir Dick Rivers au Sonambule à Gignac qui ouvrait sa saison 2018-2019 avec un beau cadeau aussi bien pour les fans de la première heure que pour les curieux venus écouter celui qu'on appelle désormais le Johnny Cash français.

Avant ça, en première partie, le Nicolas Grosso Trio, en tenues de zazous, cheveux gominés, guitare canaille et contrebasse à la pompe, commencent leur set avec un clin d’œil à Cab Calloway, le père des "Zah-Zuh": L'héroine de leur chanson s'appelle Minnie, difficile de ne pas penser à "Minnie the Moocher".
La suite enchaîne des airs rocks endiablés (qui nous donneraient presque l’illusion qu'un certain Buddy n'a jamais pris l'avion un sinistre soir d'hiver) des blues aux accents manouches, des javas, des swings. Le talent de ce trio est de faire le pont entre toutes ces décennies au charme suranné. La vie semblait facile, mais les amours étaient bien compliquées. Ça n'a pas tellement changé, non ?

   

Si notre Dick Rivers national a souffert du snobisme qui faisait se pincer le nez à l’évocation des Yéyés, sa carrière à l’étranger ne s'est jamais vraiment arrêtée : c'est entouré de talentueux musiciens canadiens que nous le redécouvrons ce soir, et ça fait comme ça :


Les années Yéyé justement sont expédiées en un medley rapide. "Est-ce-que tu le sais ?", "C'est pas sérieux...", "Twist à St Tropez", puis sa version en français de "Proud Mary"  : "Roule pas sur le Rivers". Avec sa posture de rocker, ses cheveux noirs ébène, ses bagues, ses santiags,  Dick Rivers se laisse traverser par ce rock qui lui roule dessus. Alors oui il est un peu raide ( hey, on en reparlera à nos 70 piges) mais le public est rapidement transporté. Au premier rang on chante toutes les paroles par cœur.



    

Entre les morceaux, nous avons souvent droit à des petites et grandes histoires, des anecdotes personnelles comme son épiphanie quand tout minot il entend  "Heartbreak hotel" du King. L'histoire de l'esclavage, du Blues, du Rythm & Blues puis du Rock & Roll, Dick Rivers la connaît sur le bout des 'tiags et tient à la partager avec nous.

Comme un hommage à ses aînés, le set contiendra pas mal de reprises, "Faire un pont", sa très bonne adaptation du classique de John Denver "Country Roads", Buddy Holly avec "Not fade away", Elvis Presley avec "Heartbreak hotel"  et  "That's allright mama", Creedance Clearwater Revival avec "Proud Mary" et "Have you ever seen the rain?", mais aussi beaucoup de ses chansons originales, aux styles variés : du Blues avec "Oh Maman merci", une ballade Folk avec "Le Montana", mais aussi du Rock plus contemporain avec "Mauvaise fille" ou encore une version complètement sauvage de "Maman n'aime pas ma musique".


Avec ses 55 ans de carrière, un vieux briscard de la scène comme lui a un rapport très touchant avec son public et avec ses musiciens. La bonne entente avec son guitariste Robert Lavoie, qui est aussi le directeur artistique de la tournée, est visible. Dick Rivers interprète, echange avec le public, tandis que le groupe qui l'accompagne assure, et pas qu'à moitié ! Ils déclineront avec talent de nombreuses palettes du Rock, du Rythm & Blues des origines au son plus contemporain des 90's, un morceau touche presque au Psychobilly avec son rythme effréné et sa contrebasse psychotique. Quant à Dick, célèbre pour sa voix de crooner, il nous donnera aussi de vrais morceaux de Rock plus brutal, modulant sa voix dans un registre plus rauque et tendu, rappelant même le timbre si caractéristique du regretté Lemmy Kilmister

Si notre Dick Rivers national a souffert du snobisme qui faisait se pincer le nez à l’évocation des Yéyés, sa carrière à l’étranger ne s'est jamais vraiment arrêtée : c'est entouré de talentueux musiciens canadiens que nous le redécouvrons ce soir, et ça fait comme ça :

Au bout de presque une heure et demie de concert, on ne niera pas que notre hôte était fatigué. Mais dans ces moments, Dick Rivers prend humblement du recul, va s'assoir sur le podium de la batterie, et laisse son groupe briller et le Rock rouler, les observant tous deux avec tendresse. Sans nostalgie, juste beaucoup d'envie de continuer. Alors nous lui disons merci. 

                                                                                                                       

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