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 Rencontre avec Dick Rivers

Dick Rivers

 

Pionnier du rock’n’roll en France, Dick Rivers revient cette année avec un nouvel album intitulé

«  Rivers ».

Après plus de cinquante ans de carrière, le chanteur se considère toujours comme un éternel débutant.

 

Rencontre. 

 

JustMusic.fr : Vous avez plus de 50 ans de carrière (53 exactement), quel est votre secret pour durer ?

 

Dick Rivers : Tout simplement de ne pas se prendre au sérieux et d’essayer de se renouveler le plus possible. Je me considère comme un éternel débutant, j’ai toujours des gens à conquérir. C’est un peu comme un parti politique, il y a la base, les adeptes et ce qui est intéressant avec un nouvel album c’est de conquérir un nouveau public, de l’élargir. Ce qui est magnifique aujourd’hui avec  YouTube, Internet, les Smartphones c’est le pouvoir de revenir en arrière ; les mômes vont écouter un titre ou un album et à partir de cela ils remontent dans le temps et découvrent la carrière de l’artiste.

 

JustMusic.fr : Justement, si vous pouviez remonter dans le temps est-ce que vous le feriez ?  Etes-vous un peu nostalgique ? 

 

Dick Rivers : Non pas du tout. Je n’aime pas le passé, on ne peut pas dire que je suis nostalgique mais c’est vrai que j’ai accumulé beaucoup de souvenirs. J’ai connu une époque très créative qui n’existe plus, enfin pour le moment. Tout s’est créé de 1961 au début des années 70, c’était énorme ; musicalement, artistiquement, dans le cinéma et à tous les niveaux j’ai connu une époque révolutionnaire.

 

JustMusic.fr : Pour vous il y aurait moins de créativité aujourd’hui ?

 

Dick Rivers : En fait tout est à la fois plus compliqué et plus facile. La facilité implique que l’on fait beaucoup moins attention. Le meilleur exemple ce sont les chaînes de télévision. Je dois en avoir deux cents sur lesquelles je ne vais jamais. Avant pour écouter un single il fallait aller chercher dans les boîtes de disques, maintenant il suffit de surfer sur Internet. Nous n’avons plus le même rapport à l’art. Le côté pratique n’est pas à confondre avec la créativité de ces années-là.

 

JustMusic.fr : Vous avez dit dans une interview : « J’essaye de continuer à faire du Dick Rivers », mais c’est quoi exactement faire du Dick Rivers ?

 

Dick Rivers : J’ai dit ça parce que je suis lassé que l’on me demande à la sortie de chaque album dans quel style je suis revenu. Et j’ai remarqué que c’était très français de mettre les artistes dans des cases. Mais il est vrai qu’il existe des grandes familles comme le rock ou le rap par exemple, qui regroupent plusieurs types de musique. Je fais tout simplement la musique que j’aime, qui me touche, en assumant mes racines américaines. Jamais je ne me lève le matin en me disant je vais faire une chanson ou un album rock. Ajoutez à cela que je ne suis qu’un interprète donc quand on me présente une chanson je vois si elle me plait mais non pas de quelle famille elle est.

 

JustMusic.fr : Vous restez un artiste populaire, attendu tout en restant discret. Peut-on dire que la discrétion est garante de votre longévité ?

 

Dick Rivers : J’espère toujours être attendu. Mais il vrai que je suis discret, c’est ma nature. Mes amis ne sont pas dans le showbiz, enfin j’en ai quelques-uns mais mes meilleurs amis sont des médecins, des agriculteurs ou des avocats qui m’apprécient pour l’homme que je suis. Sans le faire exprès j’ai fabriqué un personnage qui parfois est plus important que ma musique, c’est terrible. Je le vois avec les jeunes ou les rappeurs par exemple, qui me reconnaissent, aiment le personnage, mais ne savent pas ce que je fais. Je ne suis pas dans les magazines, j’ai une femme normale depuis une trentaine d’années, j’ai une famille formidable, et je paye mes impôts comme tout le monde, malheureusement. Les médias me laissent tranquille car je n’ai rien de spectaculaire.

 

JustMusic.fr : Vous êtes un habitué des collaborations de renoms  (Mickey 3D, Mathieu Chedid, Benjamin Biolay, Francis Cabrel…) comment se font ces collaborations?

 

Dick Rivers : Toutes ces collaborations font que je suis un éternel débutant, toute ma vie et ma carrière ne sont faites que de rencontres. Ce sont des personnes qui ont envie d’écrire pour moi, ce n’est pas moi qui les appelle pour avoir une chanson. Je les croise un jour, le feeling passe bien et je suis souvent étonné qu’ils veuillent travailler avec moi, qu’ils me respectent et m’aiment à ce point-là. A partir du moment où ils apprécient le chanteur je vois avec eux s’ils n’ont pas une idée. C’est un éternel recommencement, ma fontaine de jouvence en quelque sorte. Le seul que j’ai démarché et auprès duquel j’ai insisté pendant des années, c’est Francis Cabrel.

 

JustMusic.fr : Et pour ce dernier album il a enfin accepté ?

 

Dick Rivers : Quand il m’a fait les chansons de l’album c’était très drôle parce que c’est lui qui chantait, il avait enregistré des maquettes. Il a fallu que je pose ma voix dessus pour en choisir trois sur sept. Après ma sélection il m’a dit avec son accent : « tu pourras dire que tu es le seul qui a refusé des chansons de Francis Cabrel » (sourire). « L’amour m’attendait » c’est la chanson 100 % Cabrel dans l’écriture.

 

JustMusic.fr : On entend sur quelques morceaux de « Rivers » des mélodies country. C’est une musique qui vous parle ?

 

Dick Rivers : C’est venu naturellement. Pour exemple, mon tour de chant au Canada n’est pas le même qu’en France, il y a une chance sur deux qu’il ne promotionne pas les mêmes titres. Chez eux j’ai une connotation beaucoup moins rock’n’roll, plus ballade et country. Quand on y réfléchit bien, Elvis dans les années 50 faisait de la country. Et les plus gros succès des icônes françaises disparues, comme Joe Dassin ou Claude François  sont des adaptations de titres country. Mais il ne faut pas dire cela aux français ; en France la country c’est le chapeau de cow-boy, le rodéo et les westerns alors que ce n’est pas la réalité.

 

Photo Dick Rivers micro

 

JustMusic.fr : Vous avez plus de 700 titres à votre répertoire où vous avez souvent évoqué l’amour et les femmes. Ce sont deux sujets inépuisables pour vous ?

 

Dick Rivers : Bien sûr. Mais l’amour est rarement joyeux dans la musique. Les plus grandes chansons d’amour sont tristes. On évoque le plus souvent des séparations ou des tromperies. « L’amour m’attendait là » est une belle chanson mais là encore, c’est un mec qui a ramé, ce n’est pas d’une folle gaieté. La plus grande, « Ne me quitte pas » de Jacques Brel, le prouve bien. En ce qui concerne les femmes, pour moi il n y a rien de plus beau, ce sont des personnages extraordinaires. A part la vie et les femmes, je ne vois pas de quoi on peut parler. Mais attention je ne peux pas parler comme un auteur je ne suis encore une fois qu’un simple interprète. Si la chanson est belle peu importe le sujet.

 

JustMusic.fr : Il y a deux reprises dans l’album, « Make your feel my love » de Bob Dylan et « Battles » de Hudson Taylor. Pourquoi ces titres ? 

 

Dick Rivers : Celle de Bob Dylan je l’ai reprise sans le savoir. Il est vrai que je ne suis pas fan de Bob Dylan, il y a quelques chansons que j’aime bien mais sans plus. Plusieurs personnes m’ont fait la remarque en me disant que je reprenais un artiste que je n’aimais pas. Mais je ne le savais pas du tout pour le coup. Je fais très rarement des reprises.

 

JustMusic.fr : Ce n’est un secret pour personne, vous êtes un fan d’Elvis Presley, est-ce qu’il serait imaginable pour vous de reprendre un titre du « King » ? 

 

Dick Rivers : Non jamais je ne toucherai jamais à Elvis. Ce n’est pas une icône mais c’est l’homme qui a fait que tout existe. Cette année tout le monde fête le D Day (anniversaire du débarquement en Normandie) mais ce sont aussi les soixante ans de la naissance du rock’n’roll blanc, puisque c’est en 1954 que tout a commencé avec « That’s All Right (Mama) ». Ce qui est important ce n’est pas la chanson, mais le fait que ce blanc ait fait sortir cette musique des ghettos. Car le rock’n’roll est une musique de noirs à la base. Pour expliquer ma relation avec Elvis, le meilleur exemple que je donne est celui d’une personne religieuse ; il croit en Dieu et donc en Jésus. Pour moi c’est pareil, j’aime le rock’n’roll et mon prophète c’est Elvis, il a amené la bonne parole (Sourire). Reprendre Cabrel ou Brel pourquoi pas oui. Mais concernant Elvis, qui est un simple interprète comme moi,  je ne comprends pas l’idée de reprendre des chansons qui ne sont pas de lui. Comme je n’ai pas compris l’album d’Isabelle Boulay en hommage à Serge Reggiaini. Chanter un interprète je ne vois pas l’intérêt. Seule la cinquantaine de classiques du rock’n’roll peuvent être repris car ce sont des chansons mythiques, les chansons sont plus fortes que les interprètes.

 

JustMusic.fr : Pensez- vous qu’il y ait un manque d’exposition (radio, tv…) du blues et du rock’n’roll en France ? 

 

Dick Rivers : Non je ne pense pas. De toute façon la radio n’existe plus aujourd’hui, ce sont des chapelles d’après moi. Pour être entouré de jeunes entre 12 et 30 ans, je sais qu’ils n’écoutent plus la radio. Ils aiment rechercher via Internet des artistes des anciennes générations et remonter le temps pour découvrir d’autres choses. En ce qui concerne la télévision, les chaînes vont de la une à la six, et la plus branchée reste Canal+. Je suis un enfant de Canal +.

 

JustMusic.fr : Peut-on vous définir comme le dernier rockeur, crooner français ?

 

Dick Rivers : Crooner pas vraiment. Les gens considèrent le rock comme un phénomène musical mais c’est plus que ça. Rockeur je le suis par mes racines et dans ma façon d’être. Le rock, comme le rap des années après, a coïncidé avec un phénomène social. Je l’ai vécu donc je pense que je serai éternellement rock. Aujourd’hui beaucoup de choses sont définies comme rock alors qu’elles ne le sont pas du tout.

 

JustMusic.fr : Johnny Halliday, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc se retrouvent en novembre pour un concert intitulé « Les vieilles canailles ». Pourquoi n’y êtes vous pas ?

 

Dick Rivers : Une erreur des médias. C’est tout à fait normal que je ne sois pas présent, c’est un concert de copains. Le titre le dit : « Les vieilles Canailles ». C’est comme si je faisais un concert avec mes copains d’enfance, malheureusement ils ne sont pas chanteurs. Si un concert pour fêter et rendre hommage au rock’n’roll en France était organisé sans moi, oui je serais  vexé. Je suis avec Johnny et Eddy parmi ceux qui ont amené le rock’n’roll en France.

 

JustMusic.fr : Etes –vous favorable à l’idée d’un concert ensemble ?  

 

Dick divers : Oui pourquoi pas. Beaucoup de personnes y ont pensé. On a fait des concerts ensemble ou chacun chantait l’un après l’autre. La seule fois où l’on a fait ça, c’est quand l’ancienne patronne de RTL a quitté la radio et qu’un concert a été organisé. Mais personne n’a fait de photos, ni même de vidéos. C’était un concert très privé où les attachés de presse n’étaient pas conviés. Au niveau organisation c’est très compliqué, surtout pour faire coordonner les plannings de chacun.

 

JustMusic.fr : On connait votre amour pour la scène, des concerts sont à venir ? 

 

Dick Rivers : On commence la tournée en janvier 2015, pas avant. Les salles sont très difficiles à avoir, il faut parfois s’y prendre un an à l’avance. On a plusieurs dates de prévues en province notamment Reims, St Quentin et Calais. Et le 28 janvier aux Folies Bergère à Paris. Je peux vous dire que j’ai hâte, je ne vis que pour la scène.

 

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La dernière mise à jour de cette page date du 15/01/15