Dick Rivers se raconte en dix mots
«Chez moi, rien n’est faux. On m’aime ou on m’aime pas, je m’en fous, mais je ne me déguise pas. Je n’ai jamais suivi la mode», dit Dick Rivers.

«Chez moi, rien n’est faux. On m’aime ou on m’aime pas, je m’en fous, mais je ne me déguise pas. Je n’ai jamais suivi la mode», dit Dick Rivers.

 

Personnage cash, sincère et attachant, Dick Rivers parle de ses rêves, du show-biz, et un peu de ses 53 ans de carrière.

Il a toujours le brushing impeccable, la chemise cow-boy avec le paquet de clopes dans la poche. Souriant, bienveillant, en pleine forme, il parle de son dernier album, Rivers. Un joli disque rock et blues avec des textes taillés pour lui de la plume de Joseph D’Anvers, Francis Cabrel, Georges Moustaki, Oli Le Baron… Et confie qu’après 53 ans de carrière, il a toujours autant le trac.

 

Débutant

«La sortie d’un album, c’est toujours important. J’ai toujours l’impression que c’est le premier. C’est difficile à expliquer mais vous savez, moi je me considère comme un éternel débutant. Et j’ai l’angoisse permanente de ne pas plaire.»

Moissonner

«Je ne suis qu’un interprète, j’ai la chance de faire la moisson du talent des autres. Que ce soit Francis Cabrel dans le dernier, Joseph d’Anvers, Oli le Baron, ou en 2006 Mathieu Boogaerts, Matthieu Chedid, Benjamin Biolay… J’ai la chance d’avoir des gens qui, quand je les rencontre, me disent, «j’ai une idée de chanson». Si elle me plaît, je la fais.»

Interprète

«Je suis une sorte de vampire, il faut que les auteurs qui écrivent pour moi m’apportent leur personnalité. Ce qui m’intéresse c’est de chanter quelque chose qu’on n’attend pas de moi, donc de chanter quelque chose qui est leur personnalité et y joindre la mienne. Au départ ça a l’air d’être deux mondes totalement différents, mais ça ne l’est pas du tout. Quand on est musicien, on fait partie de la même famille, je n’ai pas de racisme musical. Mes goûts vont de Pavarotti à Pearl Jam en passant par Francis Cabrel, Alain Bashung, Willie Nelson… J’aime ce qui est bien, ce qui est bon.»

États-Unis

«J’ai une formation de rêve américain que la génération d’aujourd’hui a moins. À l’époque ce qui venait musicalement, culturellement des États- Unis, faisait rêver, comme le cinéma. Moi j’ai été bercé par le cinéma américain depuis tout petit. Ma maman m’emmenait voir des films, c’était 90% des films américains. Mon rêve à moi c’était la musique anglo-saxonne. Ce qui fait que très vite j’ai maîtrisé la langue et très vite j’ai eu beaucoup d’amis à travers le monde entier dans le monde des musiciens.»

Mode

«Chez moi, rien n’est faux. On m’aime ou on m’aime pas, je m’en fous, mais je ne me déguise pas. Je n’ai jamais suivi la mode. La mode m’a dépassé, redépassé, elle m’a rejoint, elle m’a quitté… J’ai toujours fait ce que j’aimais en pensant que c’était la bonne chose à faire et je pense que c’est ça qui paie, qui assure une longévité et une respectabilité. J’ai jamais chanté Jésus Christ est un hippie quand c’était l’époque des babas cool, j’ai jamais fait de disco… Je ne me vois pas chanter un truc en me disant, «ça, je le fais parce que ça va marcher.»

Scène

«La scène, c’est ma vie. Je suis né sur scène. Je fais partie d’une génération où être sur scène, chanter, c’était normal. La télé et tous les médias qu’il y a aujourd’hui, en surabondance, ça n’existait pas. Il y avait une chaîne de télé quand j’ai commencé. On faisait une émission de temps en temps, ou une radio… Aujourd’hui, il y a tellement de radios que les jeunes n’écoutent plus la radio, ils écoutent internet. Je suis entouré de jeune, je sais comment ils fonctionnent. Ils n’ont pas du tout les mêmes repères que les gens de ma génération.»

Belgique

«La Belgique, c’est un peu mon deuxième pays. J’ai commencé ici pratiquement: j’ai chanté à l’Ancienne Belgique, j’avais 15 ans. Je ne savais même pas que ça existait la Belgique. Puis ça a duré pendant des années, j’ai beaucoup d’amis, j’ai fait beaucoup de disques ici au studio ICP».

Stress

«Il est toujours là, oulalah! Du moment où on fait le soundcheck, c’est-à-dire vers 17h30, 18 h, jusqu’au moment où je monte sur scène, je ne pense qu’à ça. Heureusement! Je pense que le jour où je n’aurai plus d’angoisse, c’est que je n’aimerais plus ce métier. Non, il faut avoir peur de ne pas plaire. Moi j’aime plaire, j’aime qu’on me dise le disque est formidable, j’aime être aimé. Le mec qui vous dit le contraire, c’est un menteur».

Show-biz

«Quand cet album est sorti, j’ai tout fait: le journal de TF1, le grand journal de Canal +, enfin, tout ce qui est faisable. Vous ne me verrez pas dans un truc à scandale, j’ai une vie trop normale pour plaire à ces gens-là. J’ai trop de qualités et pas assez de défauts. J’ai une vie très normale».

Rêves

«Je rêve de plein de choses… Je rêve de trouver de plus en plus de belles chansons, je rêve de faire de plus en plus de concerts. J’ai fait tellement de choses: j’ai fait 12 ans de radio, ça me manque un peu d’ailleurs, j’ai fait du théâtre… J’ai fait deux films, j’aimerais bien faire encore du cinéma: jouer dans un film historique. Par exemple, j’aurais adoré jouer dans Les rois maudits, la boule à zéro, la barbe, un contre-emploi total. J’adore l’autodérision.»

«Rivers», Verycords


La dernière mise à jour de cette page date du 15/01/15