DICK RIVERS

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Les festivités de la fête nationale ont eu lieu avec 24 heures de retard à Hastière. En ce torride 22 juillet, c’était Dick Rivers, fringant monsieur du rock’n’roll français, qui était à l’honneur. Le seul, le vrai.

Dimanche soir, tandis que le soleil darde encore quelques timides rayons sur la vallée de la Meuse, l’obscurité peine à se figer. Sur la plaine Récréar, à Hastière, près de 1500 personnes trépignent d’impatience à l’idée de faire un bond de près de 60 ans en arrière.

La dégaine de guingois, la mine patibulaire et les cheveux couleur corbeau (On n’a pas osé lui demander s’ils étaient vrais!), rien, sauf l’âge (73 ans) n’a changé chez Dick Rivers. Sur scène, l’artiste a la banane et surtout la niaque du jeune «teddy boy» du début des années 60. Celui qui, avec sa bande de chats sauvages, invitait la jeunesse française à se lancer dans un frénétique twist à Saint-Tropez. Certes, aujourd’hui, le déhanché hérité d’Elvis grince quelque peu du bassin, mais cela n’entache en rien la superbe de Dick. Plus authentique que Johnny et Eddy réunis, il est l’incarnation du rock’n’roll à la française. Même avec un genou en compote.

Dick Rivers, vous allez bien?

À part ce genou qui me fait mal, il n’y a pas de problème. Il faut faire quelque chose avec cet escalier qui mène à la scène. C’est beaucoup trop raide.

Adamo a réussi à monter l’an dernier.

Ha bon. Comment il a fait? (rires).

Vous avez trois heures pour y arriver. Vous serez sur scène en tant que dernier représentant d’une période musicalement bénie pour la France. Johnny nous a quittés, Eddy en est à sa énième tournée d’adieu et Dutronc vit reclus, en Corse… De quoi susciter un peu de nostalgie, non?

Alors là, pas du tout. Je ne suis jamais nostalgique. Je vis au jour le jour. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passera demain. Maintenant, c’est vrai que j’ai traversé les époques et quelques révolutions musicales extraordinaires. C’est une chance. Mais la nostalgie, non.

Des révolutions musicales dont la plus belle, celle du rock’n’roll, au milieu des années 50. Les influences du gamin de 15 ans que vous étiez à l’époque sont-elles toujours celles d’aujourd’hui?

Pour moi, le plus grand reste Elvis. Mais j’écoute aussi d’autres choses. J’ai fait un duo avec Julien Doré, j’ai travaillé avec Mathieu Chédid. J’ai la chance d’être interprète et d’avoir toute cette génération qui veut m’écrire des chansons. Après, mon boulot, c’est l’interprétation.

Sans oublier le «live» qui va avec… À 72 ans, les émotions de la scène sont-elles les mêmes qu’à 15?

En tout cas, j’ai toujours le trac. Mais j’ai la chance d’être entouré de musiciens extraordinaires. Ils sont originaires d’Amérique du Nord. Bon là, ils sont un peu fatigués mais tout à l’heure, vous verrez… Toute ma carrière j’ai essayé de bien m’entourer, c’est une constante.

Parlons-en. James Burton, Albert lee, Jim Keltner et l’immense Steve Cropper. La fine fleur de la musique anglo-saxonne figure sur vos disques. Comme si on s’y prenait mieux de ce côté-là de la Manche ou de l’Atlantique?

Pas forcément. Je dirais qu’ils ont une manière de travailler qui me correspond bien. J’ai une personnalité compliquée vous savez.

Quelle est la part du personnage Dick Rivers dans la vie d’Hervé Forneri (NDLR son vrai nom), au quotidien?

Il n’y a pas de personnage. Je suis comme ça dès que je me lève, même à poil, je suis Dick Rivers.

Benoît Poelvoorde, dans un sketch de Monsieur Manhattan changé en chirurgien qui vous coupe les pieds, avait donc raison. Vous n’enlevez jamais vos santiags.

Ça me fait marrer, ça. C’est comme ce personnage de Didier L’Embrouille joué par Antoine De Caunes du temps de Nulle Part Ailleurs. Ça a fait un bien fou à ma carrière. Plein de jeunes se sont intéressés à moi grâce à ces sketches.

De Caunes, l’une des personnalités «rock» qui compte en France, vous porte aux nues, c’est flatteur ça, non?

Ouais, bof. Antoine c’est avant tout un de mes meilleurs amis.

N’empêche, De Caunes, ou Manœuvre dans Rock’n’Folk, et d’autres, ne tarissent pas d’éloges. Mais ce succès critique ne s’est pas toujours traduit en plébiscite public, à l’inverse de vos pairs, Hallyday, Mitchell. Des regrets?

Absolument aucun. Je fais ce que j’aime. Quand j’aime pas, je ne fais pas. C’est tout. Lors de la dernière tournée «Âge tendre et tête de bois», on a joué dans des Zenith plein à craquer. Mais en fin de compte, je préfère les choses plus intimes avec du rock pur et dur.

Et à ceux qui disent que le rock est ringard… que Dick Rivers est ringard, vous leur dites quoi?

Je leur dis merde. Je n’oblige personne à m’aimer. -

                                                                                                                       

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