DICK RIVERS

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Dick RIVERS - Le Mauvais Joueur (2006)

 Par ERWIN le 7 Novembre 2018 
 
 

Bon, tout le monde connaît Dick dans le coin ? Les djeuns, vous vous souvenez bien d'avoir vu Antoine de Caunes faire Didier l'Embrouille sur Canal ? Le rockeur à la banane et l'oeil au beurre noir ? Voila, c'est l'über fan de Dick ! Comme quoi le personnage fait toujours partie du paysage audiovisuel français. Les années passent mais le niçois Hervé Forneri continue de mener une carrière certes en second plan, mais qui ne manque nullement de qualité. Plus de quarante années se sont écoulées depuis les actes de gloire avec les CHATS SAUVAGES. Contrairement à son pote concurrent Johnny, le succès n'a jamais été énorme, mais les fans des années soixante sont restés fidèles malgré les années.

Comme à l'accoutumée, ne vous attendez pas à voir Dick oeuvrer dans la variété. Oui, le temps est passé et le Niçois a plus de soixante ans, mais ce n'est pas une raison suffisante pour vriller. Quand on a choisit un des patronymes portés par Elvis, on reste de marbre face aux appels des billboards, on reste rock !

Attention, il existe un titre d'exception dans cette livraison 2006. En effet, "Tu perdras", avec son ton crépusculaire, rappelle les plus belles heures des grands groupes de southern rock, cette guitare fluide et tendue sur un improbable canyon. Oui, cette composition pourrait sortir d'un album de BLACKFOOT ou de LYNYRD SKYNYRD. Les images des grands espaces s'animent et le français passe remarquablement -!-. On ne peut que rester coi devant une telle qualité. Là où Johnny a le plus grand mal à rester droit dans ses santiags et se perd constamment dans une variété sans grande saveur, voilà Dick qui reste la tête haute. L'atmosphère y est superbe de bout en bout et on n'a pas envie de rire une seule seconde ! Impressionnant ! Moins mémorable, mais tout aussi sudiste, on note la slide sur "Je vis sur une île".

"Anna/grammes" est une suite d'anagrammes qui porterait à sourire si le résultat n'était finalement pas si troublant, cette manière qu'à Dick RIVERS d'ahaner "Anna" sur le refrain défonce bien sa race ! Un titre super réussi et que je me surprends à réécouter sans rechigner ! L'orchestration des cuivres est au cordeau et les guitares fusent de partout ! Profession de foi sur un rythme très rockabilly, "Elvis avait l'air d'un ange" déménage à fond, on croirait presque du psychobilly avec des guitares rageuses et agressives. La ligne de chant est un peu plate, mais sa manière de prononcer le prénom de son idole ELVIS est tout bonnement touchante. A écouter avec curiosité. Le Rockabilly "Ode à Dick" évoque sa passion pour la gente féminine. On reste dans l'autobiographique avec cette permanence de rimes en "ique", les paroles sont parfois drôles et souvent justes.

Pas mal de slows, on ne se refait pas ! Ballade crépusculaire folky, "Tout se consume" laisse la belle voix grave de Dick s'élever avec une grâce certaine. C'est à la fois un peu roots et moderne, et l'orchestration est belle. Puis on retient la guitare romantique de "La nuit", alors que "La chanson des adieux" est plus banale. Le mid tempo "Veilleur de vie" surfe sur les grands trademarks de Dick : réverb, écho, ambiance smooth, voix veloutée, pas mal du tout. "Amours et blue jeans" est plus moderne, sans déchirer mais sympa.

Et il y a d'autres choses : plus intimiste, Dick joue à nouveau avec les mots dans "Ma doudou", sur un rythme cette fois exotique. Le rythme bossa nova de "Ma chanson de l'été" rappelle à foison la structure de "Samba de uma nota so" de Tom JOBIM. Sacré Dick, toujours là où on ne l'attend pas. Des cuivres sympas ensoleillent cette chanson et les choeurs évoquent vraiment le Brésil. On n'est plus sur la baie des anges mais dans la baie de Guanabara, sur la plage d'Ipanema. Avec quelques réminiscences de « Sous le soleil de Bodega » des NEGRESSES VERTES. Enfin, "Le mauvais joueur" en bon premier titre donne son nom à l'album avec sa rythmique folky, mais une lap steel synonyme de grands espaces américains.

C'est à nouveau fort surprenant. L'ambiance générale rappelle les American Recordings de l'immense Johnny CASH. Dick RIVERS serait notre homme en noir à nous les frenchies ? Le succès n'est pas vraiment là, mais la comparaison n'a rien de foireuse. Trop de titres seulement moyens m'empêchent de mettre le 4, mais le 3.5 est de circonstance, avec une sérieuse invective à écouter "Tu perdras" : il serait dommage de passer à côté.

                                                                                                                       

Exalead