Vous avez refusé pendant plus de onze ans de participer à ce spectacle. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis en 2018 ?

Je ne suis pas nostalgique et toute l’idée d’Âge tendre était justement basée sur la nostalgie. Mais le fait que Christophe Dechavanne en soit devenu le producteur, qu’il m’ait sollicité, a changé ma vision. J’ai aussi plein d’amis dans cette tournée, dont Dave et Nicoletta. Et puis, Michel Delpech, que j’aimais beaucoup, avait lui aussi participé : s’il l’avait fait, pourquoi pas moi ? Enfin et surtout, j’adore la scène et ce spectacle est l’occasion de toucher des milliers de personnes.

Vous commencez juste la tournée (qui se termine fin avril à Nantes) mais quelle est votre première impression ?

Très bonne. L’orchestre est excellent, tout comme mon guitariste canadien. L’ambiance est très professionnelle, très agréable. Ma seule réserve : comme j’ai demandé volontairement à commencer le spectacle, je dois attendre très longtemps en coulisses avant de revenir pour les dédicaces et la seconde séance [celle-ci n’a pas lieu à Montbéliard, NDLR] !

Après la tournée des idoles, allez-vous lancer votre propre tournée solo ?

Tout à fait. Âge tendre est une parenthèse, certes agréable, mais juste une parenthèse, pas un fin en soi. J’ai dû enregistrer plus de 700 chansons dans ma carrière et chanter dans toutes les villes de France, donc la tournée des idoles est un raccourci très court (Rires) de ma carrière ! Je suis toujours rock’n’roll à donf et je vais donc faire une tournée avec mon dernier triple album (N.D.L.R. : sorti cet automne), baptisé « 5/5 ». Comme mes cinquante-cinq ans de carrière…

Votre premier disque est sorti le jour de vos quinze ans. Un conseil à donner aux jeunes qui se lancent ?

Oh non ! Le métier est devenu si difficile, il est tellement dur de percer aujourd’hui que je ne m’y risquerai pas. Hormis pour dire qu’il faut de la personnalité et de la persévérance. À titre personnel, j’ai toujours cherché, depuis mes premières collaborations avec Bashung, à me remettre en question, à surprendre, à faire des mariages musicaux avec la jeune génération comme par exemple Julien Doré.

Une constante toutefois : le rock ?

Le rock, je suis tombé dedans petit ! Mais tel que je l’ai connu, notamment avec la créativité, l’inventivité des années 1960, il n’existe plus. De toute façon, Johnny ou moi, qui sommes nés avec le rock, avons eu nos plus gros succès avec des balades. Même Elvis, le roi, a connu cette tendance.

Johnny justement. Y aura-t-il un hommage à sa carrière dans cette tournée des idoles ou dans la vôtre ?

Non. C’était un copain, quelqu’un que je connaissais bien. Sa mort est une perte, représente un immense manque, mais je ne veux pas être nécrophile. C’est assez douloureux comme ça, il est parti trop tôt mais c’est la vie et ce n’est pas la peine d’en rajouter. Les gens nous ont toujours associés car nous avons débuté ensemble et nous adorions le rock mais, au-delà de la génération, on a toujours été très différents.

Propos recueillis par Sophie DOUGNAC