Dick Rivers à Bénodet. «Je suis multigénérationnel!»

Un demi-siècle précisément de carrière en solo: l'increvable Dick Rivers est un monstre de longévité! Le dinosaure du rock'n'roll français sera, vendredi soir, en concert gratuit à Bénodet.



«Quel sera, ce week-end le menu de votre show à la Butte du fort ? En d'autres termes, quelle sera la part des vieux morceaux et ceux extraits de votre dernier album «Mister D», sorti en octobre 2011?


La scène, c'est la quête permanente du Graal! Il faut satisfaire le jeune public, comme les plus vieux. L'équation n'est pas simple! J'essaie de surprendre et de me dépasser. Je suis un éternel débutant qui a traversé cinq décennies. Je suis multigénérationnel !

J'ai, en ce moment, la chance d'avoir en Oli Le Baron un chef d'orchestre très pointu. J'ai toujours su m'entourer de gens jeunes et dynamiques, c'est une de mes rares qualités. Le show, bien entendu, comporte beaucoup de morceaux de «Mister D». Mais, il y aura aussi des classiques mis au goût du jour. Quatre-vingt-dix pourcent des musiciens de «Mister D» seront à Bénodet.

Un concert en Bretagne a-t-il une saveur particulière pour vous?


La Bretagne, c'est spécial! Je ne sais pas comment vous dire... Les Bretons sont très musiciens. J'ai joué à Saint-Malo, il y a trois-quatre mois, c'était fantastique! J'ai aussi un souvenir de Bobital extraordinaire en 2006: une nouvelle génération venait avec curiosité! Et je rêve de faire les Vieilles Charrues! En fait, j'ai du sang breton très très loin, du côté de ma mère. Vous savez, «Hervé» n'était pas un prénom commun, à Nice après-guerre. J'étais fier de cette singularité!

Vous êtes interprète et dépendez, à ce titre, du travail des autres. Comment se font les rencontres avec les auteurs-compositeurs qui nourrissent votre oeuvre?


Ce sont eux qui viennent à moi. La jeune génération me respecte. J'ai eu l'occasion, un jour, d'échanger quelques mots avec Joey Starr. Il connaissait mon boulot. Qui aurait pu l'imaginer ? Vous savez, on a tous un jardin secret. Ma carrière est faite de rencontres. Mon métier, c'est de chanter. Quand j'ai des atomes crochus avec un auteur-compositeur, quel qu'il soit, ça passe! En 1968, je bossais avec le très underground Gérard Manset. En 2006, j'ai croisé la route de Joseph d'Anvers au cours d'une «Ode à Dick» aux Francofolies. Peu après, il m'écrivait l'album «L'homme sans âge». Toute prétention mise à part, je veux plaire aux jeunes.


À l'été 1962, vous plaquez votre groupe mythique Les Chats Sauvages à l'issue d'un concert à Nantes. Pourquoi?


J'en avais marre, je voulais voler de mes propres ailes. J'ai toujours, en fait, agi par instinct. En ce qui me concerne, Les Chats Sauvages, ça a duré seize mois, d'avril 1961 à août 1962. C'est dingue, c'est resté dans l'imagerie française! J'ai des défauts mais je n'ai jamais fait de concessions. C'est ça, peut-être, qui assure ma longévité.

Quel regard portez-vous sur cette période?


Je n'ai pas eu d'adolescence. Je suis passé directement de la bicyclette à la Cadillac! Dick Rivers, c'est bien plus qu'un pseudo, car je me suis glissé dans la peau du chanteur que je rêvais d'être, ado. En fait, j'ai plus vécu avec Dick Rivers le chanteur qu'avec Hervé Forneri, l'homme! Mais plus je vieillis, plus Hervé Forneri prend le pas sur Dick Rivers.

Le 29 octobre, vous commercialisez un DVD et un double CD de votre dernier Olympia. Dites-nous en un peu plus...


Le tour de chant était bien rodé, il fallait faire un truc. Si tout va bien, le disque sera fini quand je serai à
Bénodet
(rires)! Je n'ai qu'un disque live à mon actif, «AuthenDick», enregistré en 1995 à Bobino avec Chris Copping (un ancien de Procol Harum, NDLR). Ce sont les gens qui m'entourent qui ont décidé du nouveau disque. L'occasion fait le larron. Dans ma carrière, rien n'a jamais été planifié».

  • Propos recueillis par Gilles Carrière
 

La dernière mise à jour de cette page date du 03/02/14

Dick Rivers

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