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Dick Rivers, « l'éternel débutant »

Dick RIvers a sorti «Mister D», un disque qui rappelle les vastes plaines d'une Amérique fantasmée. Photo Jezz

Dick RIvers a sorti «Mister D», un disque qui rappelle les vastes plaines d'une Amérique fantasmée. Photo Jezz

RENCONTRE

Il ne faut surtout pas le ranger aux oubliettes. Ses deux derniers albums sont plus que probants. Dick Rivers a aussi l'art de savoir s'entourer.


PROPOS RECUEILLIS PAR PATRICE DEMAILLY > patrice.demailly@nordeclair.fr

Vos 50 ans de carrière vous donnent-ils le vertige ?
>> Pas du tout. En 2010, un copain à moi m'a demandé : « Que fais-tu en 2011 ? » Je lui dis : un disque, des concerts. Il me répond : « C'est tout ? Tu sais pourtant que le 24 avril 2011, cela fera 50 ans de bons et loyaux services à la musique. » J'en ai ensuite parlé autour de moi. Mais, entre nous, je m'en fous. J'ai l'impression que j'ai commencé hier. Je ne suis pas du tout passéiste.

Un enthousiasme décuplé donc ?
>> Ce qui me fait plaisir, c'est d'entendre qu'un jeune de 30 ans comme vous ait été sensible à mes deux derniers disques. Là, je me dis que mon pari est gagné. Si c'est des mecs de ma génération, je suis content aussi mais ce n'est pas pareil. D'ailleurs, les inconditionnels étaient plus emballés par Mister D que L'homme sans âge, parce qu'il était proche de l'univers qu'ils imaginent pour moi.

Avez-vous besoin de vous surprendre ?
>> Complètement. Je ne fais jamais le même disque. Je suis un éternel débutant. Depuis toujours, je me suis entouré de gens branchés ou qui allaient le devenir. En 1968, j'ai travaillé avec Gérard Manset qui n'était pas sous les projecteurs. Après, il y a eu la fameuse aventure, au début des années 70, avec Alain Bashung, mon meilleur ami et mon frère de musique. Si on réfléchit bien, c'est seulement dans les années 80 où j'ai eu une période moins « auteur ».

Et là, vous vous entourez d'Oli le Baron, Jean Fauque (parolier de Bashung), Joseph d'Anvers
>> Je ne suis qu'un interprète. Les gens ont tendance à l'oublier. Ma part à moi, c'est de sublimer le talent des autres. J'essaye de donner le meilleur à Dick Rivers.

Estimez-vous avoir été reconnu à votre juste valeur ?
>> Bien sûr que non ! Je suis bien obligé de le dire. Qui va le faire à ma place ? Je ne me déguise pas, je suis moi-même, je suis véridique, comme dit mon ami Antoine de Caunes. J'ai envie de vous dire qu'il n'y a que les cons qui ne m'aiment pas. Je ne parle pas du public, mais du show-biz. Les médias ont donc une importance parce que c'est le téléphone arabe qui fonctionne dans la foulée.

Dans votre livre, vous reprochez à Ruquier et Drucker de ne jamais vous inviter...
>> Je ne sais pas ce que je leur ai fait à ces gens-là. Rien, à ce que je sache. S'ils m'ignorent, c'est qu'ils doivent avoir leurs raisons. Mon fils, qui vient d'écrire le livre du spectacle musical Salut les copains, a été invité par Michel Drucker sur Europe 1. Pendant une pause, il glisse à mon fils : « Je voudrais que tu dises à ton père que j'ai un grand respect pour sa carrière, que je l'aime beaucoup. » J'ai envoyé un texto à Michel qui m'a répondu : « Ton attachée de presse est en contact avec ma programmatrice. » Plus de nouvelles depuis ! Je ne suis pas Don Quichotte, je ne vais pas me battre contre des moulins.

Pourquoi vous braquez-vous quand on évoque Johnny Hallyday et Eddy Mitchell ?
>> Parce qu'on n'est pas du tout pareil. J'ai du respect pour eux, mais j'en ai marre de cette comparaison ridicule et éternelle.

En avez-vous néanmoins souffert, d'être considéré comme le troisième larron ?
>> C'est juste que ça me gonfle. Je préférerais qu'on me compare à Bashung. Mais pas toujours les deux autres ! Nous sommes dans des mondes tellement différents, C'est le pot de terre contre le pot de fer. Cela fait longtemps que je ne sais même plus ce qu'ils chantent. Et eux non plus me concernant. Cela vient des rivalités du début des années 60. Le Français est tellement conservateur qu'il mélange tout. Ça me fait plus de mal que de bien.

Il faut néanmoins reconnaître que vous avez tous les trois, à l'époque, révolutionné le paysage audiovisuel...
>> Je vous l'accorde. Cela avait marqué socialement la France. Vous savez, on m'a imposé un groupe (Les Chats Sauvages, ndlr) parce que c'était la mode, parce que Les Chaussettes Noires étaient sorties deux, trois moi avant. Moi, ça m'a fait chier et c'est d'ailleurs pour ça que je suis parti très tôt. Ce n'était pas comme ça que j'envisageais ma carrière. À mes débuts, j'étais déjà martyrisé (rires).

Vous écrivez dans votre livre : « Sarkozy, je l'aime beaucoup. Il est comme moi, il aime rendre service. » Avez-vous conscience que ce n'est pas actuellement très populaire comme position ?
>> Je ne fais pas de politique. Je parle de l'homme que j'ai connu maire de Neuilly. Il avait tous mes disques et il les a fait dédicacer. Je suis très copain aussi avec Robert Hue et pourtant je ne suis pas communiste. Ce sont les hommes qui comptent pour moi. Et je dis que Sarkozy est un bon mec.

On sent chez vous un grand besoin d'être aimé. Confirmez-vous cette impression ?
>> Je n'aime que ça d'être aimé. C'est la plus belle des récompenses. L'artiste qui vous dit le contraire, c'est un menteur.

« Pour une femme, je suis un mec assez exceptionnel. » Qu'entendez-vous par là ?
>> Je suis très fidèle et macho.
Une femme, c'est quelque chose qu'on préserve et à qui on demande beaucoup. La mienne est parfaite. Cela fait plus de trente-trois ans qu'on est ensemble.

Quelles chansons le public vous réclame-t-il systématiquement ?
Faire un pont, Nice baie des anges qu'on a complètement liftée, Maman n'aime pas ma musique. Chacun a son petit Dick. Avec Oli le Baron, qui a produit Mister D, et mes musiciens, j'adore les réarranger différemment sur scène.

Étiez-vous un homme d'excès ?
>> Disons que je me suis bien amusé. Mais je n'ai jamais dépassé le stade du pétard.

Avez-vous mené la vie que vous désiriez ?
>> Je ne voulais pas être comme les autres. Et je pense que c'est réussi (rires).

EN CONCERT

Le 24 mars à 20 h 30 aux Arènes à Petite-Forêt. 37 E. Rés. : 03.27.32.47.91.
Le 27 mars à 20 h 30 au Centre Marius Staquet à Mouscron. 35 E. Rés. : 00.32.56.86.01.60.
 

 


 

 

 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 06/03/12

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