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Dick Rivers loin des clichés

 

lundi 16 juin 2008 | Le Parisien

(LP/DELPHINE GOLDSZTEJN.)

(LP/DELPHINE GOLDSZTEJN.)

« L'Homme sans âge », magnifique nouvel album qui sort aujourd'hui dans les bacs, offre au crooner français un superbe retour. A 62 ans, il nous a reçus chez lui, à Paris. L'occasion de découvrir l'homme qui se cache derrière le personnage.

On ne s'attendait pas à le trouver là. Dick Rivers donne rendez-vous chez lui, porte de Clignancourt. En 1988, le chanteur y a racheté une ancienne serrurerie qui servit même de relais de poste.

« J'ai toujours été très XVIIIe. Ici, j'apprécie l'espace. Je suis assez casanier. Quand je sors, c'est pour prendre une voiture et aller ailleurs. Mais j'aime bien le côté maison de campagne à Paris. » Lorsqu'il a pris possession de ce loft, il n'y avait rien, « seulement l'eau, même pas l'électricité. Il a fallu tout faire ». Dans son vaste salon sont posées quelques photos : l'une avec Tina Turner, l'autre à côté de George Lucas, et bien sûr le document historique qui atteste de sa rencontre expresse avec Elvis, en 1969, à Las Vegas.

Au milieu de la pièce trône un ahurissant billard fuchsia. « Mes amis me l'ont offert pour mes 50 ans, et j'ai choisi cette teinte que j'avais vue à Austin. Elle va bien avec les fleurs du bougainvillier juste à côté. »

La musique est là, omniprésente et discrète. Des disques s'entassent à côté de la chaîne : les albums des jeunes Plasticines et Fancy, une compilation du bon vieux Johnny Cash, un coffret du mythique label rock français New Rose. Quatre guitares dorment dans un coin. « Je suis un mauvais musicien, alors je les prête aux autres. Ce sont de superbes Gibson. Mon pote Cabrel me tanne pour que je lui vende celle de 1969. »

« Je ne dors pas dans un juke-box »

Pour le reste, l'intimité de Dick Rivers ressemble à celle d'un père tranquille qui ne porterait ni banane ni santiags. « Je ne dors pas dans un juke-box », confirme-t-il. Pour les clichés, c'est raté. Cela tombe bien, on était venu chercher autre chose. Surtout depuis la découverte de « l'Homme sans âge », nouvel album, disponible dès aujourd'hui, qui est, avouons-le, magnifique. A 62 ans, il est effectivement temps de prendre Dick Rivers au sérieux. C'est ce qu'a fait Joseph d'Anvers. Ce jeune musicien chanteur, auteur, compositeur et interprète, déjà remarqué sur le dernier Bashung, a signé paroles et musiques pour son aîné, rencontré il y a deux ans aux Francofolies de La Rochelle.

« Il a oublié tous les clichés, raconte Dick, le personnage dans lequel on m'a enfermé depuis des années et qui prenait le pas sur ce que j'étais. On ne me pardonnerait plus de chanter les mots bottes, Cadillac ou Amérique dans un morceau. » Une caricature qu'il paraît avoir lui-même entretenu. « Pas du tout, ose-t-il. Je n'ai jamais suivi les modes. Ce sont elles qui me rattrapent. Quand Madonna s'est mis à avoir un look cow-boy, on a dit : porter des bottes à la Dick Rivers, c'est tendance ! » Pourtant, Hervé Fornieri aimerait que l'on oublie parfois Dick Rivers, ce double un rien encombrant avec lequel il cohabite depuis que la « mouche du rock » l'a piqué et qu'il est passé de la « bicyclette à la Cadillac », de la boucherie familiale à Nice aux concerts à Paris. « L'Homme sans âge » va sans doute y aider, avec ses magnifiques ballades et ses propos intimes qui lui collent à la peau. « Pour la première fois, l'interprète que je suis a l'impression d'avoir écrit les textes. Ils correspondent à ce que je suis, ce que je pense. »

L'artiste cite le refrain de « Sur le toit du monde », l'une des plus belles chansons entendues cette saison : « Il m'en aura fallu des gens pour être seul. C'est tellement ça, ce métier. Je connais tout le monde. Quand j'apprécie quelqu'un, je suis fier de penser que je suis son ami. En éternel enfant, je ne vois pas le mal et ensuite je suis déçu. » Seul, donc, mais bien entouré par sa femme depuis trente ans, Babette, « ange merveilleux », son fils Pascal, 42 ans, réalisateur, et son petit-fils Joseph, 9 ans. Le clan Fornieri, celui que l'on découvre dans « l'Homme sans âge ». « Ce disque, c'est Dick qui chante Hervé. » Une première après plus de quarante-cinq ans de carrière.

* Dick Rivers en concert les 2, 3 et 4 décembre à Paris à l'Alhambra.

 

 

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