DICK RIVERS

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Dick Rivers sera dimanche à 17 h sur la scène du Ink Mas Party Festival à Saint-Brieuc. En pleine convention tatouage, le plus rockeur des Français raconte ce qui lui colle encore à la peau : la musique.


Le Télégramme : Vous êtes Dick Rivers à la scène depuis près de 60 ans, et Hervé Forneri au civil depuis un peu plus longtemps encore. Lequel des deux connaissez-vous le mieux ?

Dick Rivers : « Incontestablement, c’est Dick Rivers. Je l’ai créé en 1961, et j’ai toujours vécu avec lui. C’est d’ailleurs sur tous mes papiers, ma carte bancaire. C’est ce nom que je signe, même sur des papiers importants ! Sinon j’ai l’impression de faire un faux. Mais Hervé, oui, au fond de moi il y a forcément une éducation, des souvenirs qui me ramènent à Hervé ».


Le Télégramme : Donc, Dick n’est pas un ami encombrant, après toutes ces années ?

Dick Rivers : « Non je l’aime bien. Il a bon cœur, il sait rendre service, aussi ».


Le Télégramme : Ce nom, Dick Rivers, c’est une référence au King, Elvis Presley… Si vous aviez 20 ans, qui vous inspirerait un nom, aujourd’hui ?

Dick Rivers : « Rien. C’est simple : personne. Je vais vous raconter une anecdote, que je n’ai encore jamais racontée. Johnny m’avait dit : tu sais, on a tous voulu s’appeler Dick Rivers. Pour ce personnage du film Loving you… Il faut se rendre compte que c’était notre livre de chevet à l’époque, avec cette musique révolutionnaire. Mais le nom, bon, c’était un peu un hasard, je n’ai pas cherché pendant des heures. Ce qui nous plaisait, nous, c’était d’avoir un nom anglophone. Les « Chats Sauvages », comme les « Chaussettes noires » pour Eddy Mitchell, ça nous a été imposé. Mais on nous aurait demandé de prendre un coup de pied au cul on l’aurait fait, tellement on aimait cette musique ».


Le Télégramme : Mais Dick Rivers, c’est passé.

Dick Rivers : « Oui, mais ça n’était pas simple. Comme le dit mon ami Antoine de Caunes, à l’époque, aux États-Unis, Dick ça voulait seulement dire bite… Et en France, tous les bergers allemands s’appelaient Dick, alors ça n’était pas gagné. »


Le Télégramme : c’était une histoire à écrire, ce nom ?

Dick Rivers : « Oui une page vierge. Sauf évidemment pour ceux qui avaient vu le film, ce qui était une rareté à l’époque. Je n’étais pas le seul, mais presque. »


Le Télégramme : le Rock a ses racines dans le blues. Est-ce qu’il en reste quelque chose aujourd’hui ?

Dick Rivers : « Le Rock est mort le jour où Elvis est parti à l’armée. Après, oui, il y a la récup’par des groupes anglais, et ils ont fait du bien à cette musique, sans doute. J’étais plus Rolling Stones que Beatles d’ailleurs. Bon… je déteste la nostalgie, mais j’ai vécu une période extraordinaire dans tous les domaines de la créativité. Tous les jours il se passait quelque chose. Jusqu’au début des années 70. Aujourd’hui…


Le Télégramme : En France par exemple ?

Dick Rivers : « Aujourd’hui, tout est dit Rock, alors on ne voit plus bien ce que c’est… Non depuis Téléphone, je ne vois pas bien… Quand j’ai envie de me faire plaisir, j’écoute Creedence Clearwater Revival. Je préfère écouter ça ».


Le Télégramme : Pour être un rockeur, il faut aussi être le militant de quelque chose ? Des valeurs peut-être ?

Dick Rivers : « Des valeurs, je ne sais pas… une certaine sincérité. Une voix. Une musique. Là je joue avec un groupe Nord Américain. Ils font la tournée avec moi, et c’est sublime ce qu’ils font. Ils ont une façon de jouer extraordinaire. C’est efficace. C’est du rock ! »


Le Télégramme : vous parliez de voix, vous auriez pu être crooner !

Dick Rivers : « Je l’ai été un peu. Si vous regardez ma discographie, et mes succès, vous verrez beaucoup de balades ».


Le Télégramme : vous n’avez jamais été tenté par un registre plus rugueux ?

Dick Rivers : « Si vous venez dimanche, vous verrez des morceaux qui frôlent le punk ! »


Le Télégramme : Qu’allez-vous proposer ce week-end sur scène ?

Dick Rivers : « Il y aura de tout : des clins d’œil pour les nostalgiques, mes succès, et beaucoup de rock. Et donc des choses punkisées à mort ».

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Le Télégramme : Quel rapport avez-vous à la scène ?

Dick Rivers : « Je suis toujours fasciné. Complètement. Je suis né sur scène, c’est la scène qui m’a fabriqué. On est tombés à une époque où ça marchait du feu de dieu. Tout était basé là-dessus. Et on y revient, parce que plus personne ne vend de disque… ou alors il faut être mort ».


Le Télégramme : Vous jouez dans un festival, au sein d’une convention tatouage. Vous êtes tatoué ?

Dick Rivers : « Pas du tout, mais mon guitariste, lui, il est très très très tatoué. Alors là, il va être aux anges. Pour moi non, ça n’est pas lié au rock. Je connais évidemment des tatoueurs qui font des choses magnifiques. Je connais Tintin que je respecte beaucoup. Le problème en fait avec le tatouage, c’est qu’il ne faut pas vieillir ! C’est moins beau ! J’aimerais ça, honnêtement, si c’était comme les décalco, et qu’on pouvait en changer ».


Le Télégramme : Vous venez jouer en Bretagne, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Dick Rivers : « J’adore la Bretagne, et surtout les Côtes d’Armor. Je viens parfois à Ploumanac’h, c’est fantastique. C’est vraiment un beau pays. D’ailleurs, je suis un peu breton par mon nom : Hervé. À mon époque, on se comptait sur les doigts d’une main. Et j’étais fier de mon prénom car il n’y en avait pas beaucoup. J’aime le côté indépendant et rock des Bretons ! »

                                                                                                                       

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