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Dick, au delà du mythe

Un pont entre le personnage et l'homme

Paris 

03/04/2006 - 

La banane sur le crâne, les bottes aux pieds et Twist à Saint-Tropez ! Depuis 45 ans, Dick Rivers fait tellement parti des murs qu'on finit par le confondre avec une caricature. Entouré par la jeune garde de la chanson française, il se moque de son image mais pas de la musique et sort un nouvel album éponyme. 

On le croyait complétement dépassé, il revient avec un album oú des artistes tels que Benjamin Biolay, M ou Mickey 3D lui prêtent allégeance. On le jugeait futile avec, par exemple, sa manie de porter des chemises de cow-boys, il est capable d'engager, au débotté, une conversation sur le Saint Suaire avec l'écrivain Didier Van Cauwelaert. Dick Rivers est désarmant, il adore parler de lui et ne s'en cache pas : 'Je suis mégalo, nombriliste. Si je fais ce métier oú je m'expose, c'est parce que j'aime plaire. L'artiste qui dit : Je m'en fous, je compose pour moi. C'est un menteur !'

Dick le jure le cœur sur la main, il n'a démarché personne pour son album. Les rencontres se sont faites tout naturellement. Le premier, ce fut son ami Cabrel qui lui promet de lui écrire une chanson … en 1990. Il y a deux ans, il va voir M au Bataclan à Paris. Il est cloué sur place : 'C'était sublime,  la même spontanéité que le rock'n'roll au début des années 60.' Il le félicite. Une amie commune leur suggére une collaboration. Mathieu Chédid, malgré son agenda surchargé, accepte. Au cours d'un autre concert, un autre Mathieu, Boogaerts, l'accoste : 'Il me dit : j'ai une idée tu vas trouver ça bizarre mais je t'entends chanter ça.' Il croise un vieux copain, Nicolas Sirkis, chanteur d'Indochine, qui lui parle de Mickey 3D. Le lendemain Mickael Furnon le rappelle, enchanté. Même enthousiasme chez Benjamin Biolay qui dés le début souhaite réaliser l'album.

Les tics de Dick

On craint alors le coup marketing, à tort : 'Je ne peux pas interpréter des choses auxquelles je n'adhére pas. Je me dois d'être crédible. Je n'ai jamais fait ce métier pour l'argent, il m'a rattrapé grâce au public. Moi j'enregistre des albums, pas des singles. Je veux que les gens découvrent quelque chose. Je ne suis pas Monsieur Tube et tant mieux ! J'ai vendu beaucoup de disques mais je ne suis pas marqué comme peut l'être mon ami Patrick Coutin [l'auteur de J'aime regarder les filles ndlr]. Cet album, c'est entre du sur-mesure et du prêt à porter. Tous les auteurs voulaient que ce soit du Dick Rivers. Si je ne l'avais pas fait, ils auraient été déçus.'

Effectivement, le rocker ne s'est pas trahi. Voix plus profonde que jamais, on le reconnaút sans hésitation à son léger vibrato en fin de phrase, un style de chant désuet mais qui colle si bien aux arrangements tout en guitare de son nouvel album. Slide, dobro, ça fleure bon les Etats-Unis mais sans ostentation, avec classe et maútrise. La preuve dés le premier titre, écrit par Miro, un Mauvais joueur qui lui va comme une santiag. Chanteur romantique, il ne faillit pas à sa réputation avec quelques bluettes comme Amour et blue jean mais s'aventure aussi dans la noirceur, sous la houlette de Benjamin Biolay. Dick étonne même, trés à l'aise sur la bossa de M ou les rythmes chaloupés de Ma doudou, composés par Mathieu Boogaerts.

Respect mutuel avec la nouvelle génération

La palme revient certainement à Mickael Furnon qui lui concocte une Ode à Dick, un titre au second degré irrésistible : 'Je suis fier d'avoir créer Dick Rivers. Tous ces auteurs me connaissaient et ils ont du respect pour mon personnage. Un personnage, ça ne se fabrique pas, c'est naturel. Tu ne te léves pas le matin en disant je vais créer quelqu'un. Tu es comme ça, on t'aime ou on ne t'aime pas. Je n'entretiens rien. J'ai toujours mis des bottes de cow-boys, des chemises western et des jeans américains.'

 

 

Déjà en 1968, Dick était ringard. Pour la jeunesse d'alors, rock et contestation se disaient Bob Dylan, et Elvis ne représentait déjà plus que la musique à papa. Aujourd'hui il se trouve proche de la nouvelle génération : 'J'ai leur âge ! Il n'y a pas de probléme. C'est comme les rappeurs, ils m'aiment bien. Je suis quelqu'un de respectable pour eux, toujours droit dans mes bottes, sans jamais trop faire de concessions aux modes.'

Aprés 45 ans de carriére, l'homme reste fidéle à cette musique américaine qui l'avait subjugué, enfant, sur un juke-box. Depuis, le petit Hervé Fornieri a mûri mais sans jamais se remettre vraiment de cette rencontre. Comme dans ces films neuneus oú tous les rêves deviennent possibles à force de volonté, il s'est forgé un monde parfait. Un monde oú il a côtoyé Presley, Hendrix voire Brassens et Piaf. Un monde palpable qu'il raconte l'air gourmand. Au delà du folklore, c'est ce que l'on admire chez Dick Rivers : il a donné vie à ses songes d'adolescents.

 

Dick Rivers, Dick Rivers (EMI) 2006

Ludovic  Basque

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