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Article parue dans ledevoir.com

Dick Rivers vers le show sans âge


Mine de rien, contournant Montréal sans s'y arrêter, Dick Rivers achevait jeudi dernier à L'Étoile Dix30 le segment printanier de sa plus récente tournée québécoise. Retour prévu en octobre-novembre: une douzaine d'autres villes à l'agenda. L'an dernier, le même s'offrait un petit triomphe sur l'une des scènes extérieures du Festival d'été de Québec.
C'était pareillement enthousiaste jeudi et, pourtant, ce n'était pas tout à fait le même spectacle de grands succès.
Mine de rien, Dick Rivers est en mode actualisation de répertoire. Afin de se sortir du carcan rétro, il insère de nouvelles chansons dans le lot des attendues : il y a ses beautés country-rock des années 70 à 90, méconnues ici, désormais disponibles sur une compilation maison. Plus important, il y a quelques titres de son événementiel album de l'an dernier, L'homme sans âge. Entièrement écrit et composé par l'estimable Joseph D'Anvers, qui a aussi contribué au Bleu pétrole de Bashung, l'album est bel et bien, comme le dit Dick et il a bien raison, «le plus beau que j'ai fait dans le long parcours de ma courte carrière». Sorte d'autobiographie par procuration, sur des musiques à grandeur d'horizon, l'album raconte les rêves de Hervé Forneri par la voix de L'homme sans âge qu'il incarne sur scène depuis 1961, le dénommé Dick Rivers. Un grand disque, toute la critique française s'accorde là-dessus.
Mine de rien, la stratégie d'infiltration agit. Entre une ballade de Willie Nelson et un clin d'oeil aux Chats Sauvages, les morceaux choisis de L'homme sans âge en imposent. Vraiment. Surtout Sur le toit du monde, immense. Dick pourrait en faire plus : en France, dix titres sur les douze de l'album habitent et nourrissent le spectacle, faisant la vie dure aux idées reçues concernant le rockeur-crooner. Jeudi soir dernier, alors que Rivers ressortait C'est pas sérieux, je me disais très sérieusement qu'il était temps de révéler L'homme sans âge à ceux qui aiment la chanson française d'aujourd'hui: le public curieux des FrancoFolies de Montréal.
Un plan s'échafaudait, limpide: on propose le spectacle de L'homme sans âge au Club Soda (avec Joseph d'Anvers en première partie, on peut rêver), puis le show grand public habituel sur la scène principale de la Catherine. Chacun son pied. À Laurent Saulnier, fomenteur en chef des Francos: il doit bien y avoir encore des trous dans la programmation. La redécouverte de Dick Rivers est l'affaire d'un soir, au bon endroit. Après, ça se saura.

 

Sylvain Cormier     Édition du lundi 06 avril 2009
 


 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 18/07/11

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