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TARZAN 2
 

 Dans le cadre de la sortie chez Disney directement en DVD du second opus des aventures de Tarzan, l'occasion de rencontrer une célébrité pas forcément attendue à cet endroit, le serial rocker Dick Rivers. Entretien avec un homme passionné dans tout ce qu'il entreprend...

Comment êtes vous arrivé sur le projet Tarzan 2 ?


C'est trés simple, le responsable du casting des voix françaises m'avait choisi pour interpréter Sherkan dans Le livre de la jungle 2. Et donc ils m'ont naturellement contacté pour Tarzan 2. Mais cette fois-ci pour prêter ma voix à un nouveau personnage, puisque contrairement à Sherkan, Zugor est n'existait pas avant.

Quels sont vos points communs avec ce personnage ? 


Ma femme m'a dit qu'il est aussi grincheux que moi ! Mais que c'est quand même un brave mec, avec un bon c½ur. Sinon, physiquement, je ne crois pas qu'on se ressemble beaucoup !Zugor posséde un cri pour effrayer les visiteurs… Ce cri assez particulier a-t-il nécessité plusieurs prises ?
Non. C'est le seul truc que j'ai copié sur la version originale américaine. Le mec faisait ça donc je l'ai imité. C'est l'avantage des chanteurs, dans le sens oú ma voix est mon instrument de travail, donc je sais la maútriser. Ce ne fut donc pas un probléme.
Zugor se révéle être le mentor de Tarzan, avez-vous eu quant à vous un mentor au début de votre carriére ?
Non, personne de proche de moi en tout cas. En revanche, comme beaucoup de gens de ma génération j'ai été bercé et éduqué par la musique d'Elvis Presley. C'était Dieu pour nous. Pour d'autres générations, ce fut les Beattles, les Stones, la mienne c'était Elvis.

Concernant la BO de Tarzan 2, composée par Phil Collins et interprétée en France par le jeune Julien Laurence révélé dans l'émission La Nouvelle Star, Disney ne vous a pas demandé d'interpréter un titre ?


Non. Mais ça viendra peut-être. Je ne serais pas contre, mais en même temps, j'aime bien les trucs décalés. Donc je préfére qu'on se serve d'un chanteur connu entre guillemets comme moi pour faire des choses comme les voix etc, plutôt que pour faire de la musique. Ils avaient d'ailleurs déjà donné sa chance à un jeune pour Le livre de la jungle en prenant Houcine de la Star Ac. Je trouve que c'est une bonne idée.

Mais inversement, votre notoriété qui vous permet d'intervenir au cinéma, n'a-t-elle pas pour effet de barrer la route à de jeunes comédiens qui tentent de percer ? Vous laissez la place aux chanteurs débutants , mais freinez peut-être dans le même temps les comédiens…


Honnêtement et sans prétention aucune, je ne pense pas qu'un jeune chanteur puisse faire des voix de doublage. Ni même n'importe quel chanteur expérimenté d'ailleurs, ça s'apprend… Si je me permets d'en faire, c'est parce que j'ai suivi des cours de théâtre et parce que cela me passionne vraiment. J'aime me trouver là oú on ne m'attend pas.

Considérez-vous ces piges que vous prenez semble-t-il plaisir à faire, que ce soit au cinéma ou même au théâtre, comme une sorte de pré-retraite pour le chanteur que vous êtes, ou est-ce vraiment une reconversion ?


Ni l'un ni l'autre, c'est paralléle ! Que ce soit clair, je suis avant tout un musicien. Je ne suis pas du tout en pré-retraite. Mais j'aime toucher à diverses choses. J'adore relever des nouveaux challenges, pour me prouver à moi-même, et éventuellement aux gens, que je peux le faire. Quand Jean-Baptiste Sastre m'a proposé en 2003 de faire Les Paravents de Jean Genet à Chaillot, j'ai cru que c'était une caméra cachée, un gag ! Et le fait qu'il m'ait dit 'pour moi, le lieutenant des Paravents de Jean Genet, c'est Dick Rivers', il a mis la barre tellement haut que je me suis dit, pour qu'un mec me fasse autant confiance… Il faut que j'y aille ! J'avais demandé à faire des essais et tout, il m'a répondu 'y'a pas d'essais !'. Ca, ça me plaút. Pareil, quand en 1983, on m'a demandé d'animer une émission de radio, avec Alain Chabat, j'étais réticent au départ, mais une fois qu'ils m'ont dit 't'es pas cap'', je me suis lancé. Donc, il y a d'un côté mon métier, la musique, que je connais, que j'apprends tous les jours même au bout de 44 ans, et aprés il y a les choses que l'homme que je suis apprend. Par exemple j'adorerais faire du cinéma, mais toujours parallélement à la musique, jamais à la place de. Vous avez raison quand vous dútes une 'pige' car c'est exactement ça. Et puis entre nous, si je ne faisais que des doublages, ce serait lassant et répétitif. J'aime l'exceptionnel, pas en terme de qualité mais au sens d'exception, quelque chose de rare. J'aime ce qui fait rêver…

Avec un fort penchant pour Disney apparemment…


Forcément je suis tombé dedans quand j'étais petit. Ce qui est extraordinaire avec Disney, c'est que du haut de mes 59 ans, j'ai été bercé étant gosse par Blanche Neige, Peter Pan, etc, et aujourd'hui mon petit-fils de 6 ans voit les mêmes ! Un film comme La Guerre des Mondes par exemple, j'ai vu le premier qui m'avait fait trés peur, et maintenant voilà que Spielberg reprend l'histoire avec les énormes moyens qu'on connaút. Mais l'important c'est qu'on vit toujours avec les mêmes rêves, les mêmes personnages. C'est simplement la façon de les présenter qui change. Par exemple le rock n roll. Quand j'ai commencé, c'était un truc exceptionnel, marginal, un peu comme le rap, et aujourd'hui tout est rock ! Presque tout, même des choses qui à mon sens ne le sont pas du tout.

Pensez-vous que les productions Disney ont perdu en partie cet aspect 'rare' et deviennent trop formatées ?


Non, parce que de temps en temps ils font encore des trucs extraordinaires comme Les indestructibles ou Nemo, même si ce n'est pas complétement Disney. De plus, je ne suis pas nostalgique, mais je dois dire qu'il y a un film qui malgré les années n'a pas pris une ride, c'est Blanche Neige. Ca fait toujours peur aux gamins ! C'est qu'il y a quand même une magie quelque part dans le dessin. Dans un monde oú on réalise des miracles avec les images de synthése etc, ce sont parfois les choses les plus simples qui font soit peur, soit rire. C'est un peu cette même simplicité qu'on retrouve au théâtre par rapport au cinéma. Le théâtre peut susciter autant, voire plus d'émotions que le cinéma malgré des moyens bien moindres.

Justement, trouvez-vous plus facile de faire des voix comme vous le faites, que d'interpréter un rôle au cinéma ou au théâtre ?


Pour moi oui. Car il n'y a pas l'aspect physique à respecter, le maquillage, l'habillage, la gestuelle… Je travaille uniquement mon instrument, qui est ma voix. Donc pour moi, et je précise bien pour moi, c'est plus facile. Il y en a pour qui cela s'avére compliqué, moi non. En revanche, ce qui est plus compliqué, c'est le théâtre. Trés compliqué même, car il y a la mémorisation du texte, le déplacement, le geste qui doit amener la parole et pas l'inverse. Concernant le cinéma, je ne sais pas trop. Disons que le peu de cinéma que j'ai fait avec Mocky et autres, attention je ne dis pas que c'est facile, mais ça l'est plus que le théâtre. Mais le plus passionnant demeure un tour de chant. Et je ne dis pas cela parce que c'est mon métier ! Tous les acteurs vous le diront, dans un tour de chant, on est seul sous les feux, seul responsable, avec les musiciens bien sûr. Et là il y a une réelle magie, une communion avec le public qui peut être extraordinaire. C'est vraiment formidable. Doubler les voix c'est autre chose, de toute façon je me sers de ma voix comme d'un instrument.

Donc ne changez pas radicalement de métier en faisant du doublage…


Absolument. J'utilise simplement mon instrument différemment.

Votre nom de scéne, Dick Rivers, est tiré du film Loving you, dans lequel Elvis interpréte ce personnage. Pourquoi avoir choisi ce nom ?


C'est trés simple. D'abord il faut avoir conscience qu'à cette époque, j'avais 15 ans quand j'ai commencé, il était impensable de faire du rock n roll, cette musique marginale et américaine, avec un nom français. Ensuite il fallait bien le choisir ce nom ! Au début, en amateur, on s'appelait Jerry Joyce and the Joyce men. On m'a dit que c'était trop compliqué. Et lorsqu'il a fallu choisir un nouveau nom, j'ai pensé au film que j'avais le plus vu. Et dans ce film, Elvis s'appelait D.E.K.E Rivers. J'ai donc changé en 'Dick', pour que ça sonne mieux. Et voilà, ce nom est maintenant sur tous mes papiers, et je suis satisfait d'être parvenu à créer ce deuxiéme personnage par rapport à l'homme que je suis, Hervé Forneri, né à Nice le 24 Avril 1946. Quelque part ça me correspond trés bien parce que j'ai un réel dédoublement de personnalité en permanence dans tout ce que je fais.

Avec le recul, aimez-vous réellement ce film ?


Oui. Quand on aime Elvis, c'est même le meilleur. Certes, en tant qu'acteur, il en a fait de bien meilleurs, mais celui-ci montre vraiment, physiquement, ce que fut Elvis au meilleur de sa forme. En plus, c'est un film en couleurs, chose rare pour l'époque. Il faut vraiment se replacer dans le contexte pour apprécier ce film à sa juste valeur.

Pour finir, quels sont vos projets ?


Je travaille sur un nouvel album, oú j'ai la chance de collaborer avec des gens de talent qui ont écrit pour moi car je ne suis qu'un interpréte. Il y a notamment Mickey 3D qui m'a fait trois chansons, Mathieu Chedid 'M' qui m'en a fait une, Francis Cabrel m'a écrit deux textes, Benjamin Biolay travaille également sur l'album, le groupe Luc devrait aussi participer. Et puis l'année prochaine je fête mes 60 ans et mes 45 ans de carriére. On essaiera donc de sortir l'album pour la fin de l'année, voire tout début de l'année prochaine. J'espére donc que 2006 sera une année Dick Rivers musique…

Pas de projet au cinéma alors ?


Pas encore non. Mais mon probléme, c'est que je ne m'en occupe pas autant que j'aimerais. Il me faudrait quelqu'un pour gérer cette activité…

Pour l'instant vous n'êtes dans ce milieu qu'en tant que pigiste c'est réellement cela…


Complétement. Il n'y a que Mocky qui m'a dit 'avec la gueule que t'as, c'est pas normal que t'aies jamais fait de cinéma'. J'étais heureux de l'entendre dire bien sûr, mais il faudrait que les gens sortent de mon personnage qui est un personnage malheureusement trop important pour le cinéma. C'est-à-dire qu'il prend le pas sur ce que je voudrais faire. Ce que je suis est plus important que ce je fais, c'est chiant ! Voilà pourquoi c'est bien de doubler Zugor, car personne n'ira se dire il ressemble à Dick Rivers.

 

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La derniére mise à jour de ce site date du 18/07/11