Faire l’interview en nos rues doit vous changer de Bruxelles où vous tournez habituellement !

On fait cela en fonction de la disponibilité des invités. Comme la plupart viennent en journée promo à Bruxelles, c’est vrai qu’on tourne souvent là-bas. Mais on n’a super pas envie de faire toutes les émissions à Bruxelles, pour le trafic notamment. Dès qu’il y a moyen de partir de la capitale, on le fait. Pour nous, c’est vachement plus marrant de venir ici. Ca nous change de la forêt de Tervuren ! Par ailleurs, lors des tournages, on a une voiture ouvreuse devant le taxi qui a déjà repéré un trajet, quelques jours avant, qui correspond à peu près à la durée que l’artiste a à nous accorder. L’équipe essaie de trouver un joli truc. Je ne connais donc jamais les chemins, je ne fais que suivre !

Comment s’est goupillé l’enregistrement de cette émission à Mouscron ?

J’aime à la fois un Nicolas Bedos qui est en plein buzz et, la semaine d’après, passer à Dick Rivers ! Ca me plaît bien. En tant que spectateur télé, j’aime quand tout se mélange. Comme on a vu que Dick Rivers venait à Mouscron, on s’est dit « Allons à Mouscron ! » C’est un mec qui est dans l’inconscient collectif chez nous alors que je ne connais pas une chanson de lui. Je connais juste Les Chats Sauvages parce que mon père les écoutait. Ce sont des personnes qu’on connaît mais, en fait, on ne les connaît pas du tout…

Quel type de client avez-vous eu ?

Il est gentil. Et puis c’est une histoire, quoi ! Le mec, ça fait un demi-siècle qu’il chante. Il a des trucs à raconter. À 15 ans, il était une vedette avec son groupe. Puis il t’explique qu’il a connu Robert Mitchum, John Lennon, Paul McCartney, qu’il a rencontré Elvis Presley. Pour un mec de 37 ans comme moi, c’est sûr que c’est étonnant. Il a une vie incroyable, l’air de rien. Il est là, en nébuleuse !

Quelle était la question que vous souhaitiez lui poser ?

Pourquoi il s’appelle « Rivières de bite » si on traduit en français ? (Rires)

Et sa réponse ?

Lorsqu’il a décidé de s’appeler Dick Rivers dans les années 60, le mot « Dick » n’était pas encore un mot d’argot américain qui voulait dire « bite ». C’est venu fin des années 70-début 80. J’avoue : c’est une question très con mais qui me brûlait les lèvres ! Plus sérieusement, je voulais lui parler des années 60 qui restent un fantasme absolu dans le siècle. Ca a été des années uniques, où tout a explosé, tout s’est développé : la libération sexuelle, le rock’and’roll, l’émancipation… Tout s’est passé en dix ans et tu as toujours envie qu’il te raconte car nous, dans les années 80 et 90, on n’a pas vécu ça du tout. On est des enfants de la crise et eux, des enfants de la belle époque. Je n’ai plus mon père ni mon grand-père et c’est donc génial d’entendre des gens te raconter ça…

Une idée sur la date de diffusion ?

C’est très variable car on les met en boîte et on essaie de varier les diffusions pour qu’il n’y ait pas trois mêmes styles à la suite… On met des jeunes, des vieux, des chanteurs, des acteurs… Si ça tombe, ça passera même au début de la saison prochaine.¦

T.T.