« Les années 60, c’est hier. Je respire encore leur poussière. La bande qui tourne encore à l’envers. J’appuie sur Play, sur le bouton Reverse… » En chantant cela au centre culturel mouscronnois, mardi soir, Dick Rivers ne ment pas. Avec sa dégaine, ses jeux de jambes et sa voix rocailleuse, celui qui célèbre tout juste ses 50 années de carrière en solo a replongé immédiatement le public dans la nostalgie.

« Tu casses la baraque ! »

« J’ai concocté un tour de chant qui va instruire ou faire plaisir à certaines personnes, d’autres vont découvrir des choses. Ce tour de chant est bien sûr basé sur « Mister D », mon dernier album que j’aime beaucoup. Mais il y aura aussi d’autres chansons, moins récentes, revues et corrigées, qui feront plaisir comme elles nous font plaisir » indique l’artiste en parlant au nom de son groupe composé de sept musiciens. Il tient aussi à nous préciser qu’il est toujours « heureux de revenir en Belgique ». On connaît la chanson…

Rapidement, les cuivres se réveillent, les claviers se déchaînent, les cordes vibrent sans discontinuer. Dans le public, ça crie « Tu casses la baraque ! » Un autre surenchérit« Vas-y Dick ! » Il ne manquait plus que la vision de deux ou trois fauteuils qui volent pour être replongés dans les sixties… Les chansons s’enchaînent, entrecoupées ponctuellement de clins d’œil à l’un ou l’autre acolyte qui lui a écrit une chanson, comme d’Anvers, Manoukian ou encore, imitation à l’appui, Cabrel. Il distille des anecdotes aussi, comme sa chanson « Viens tout connaître » : « Elle a été reprise en anglais pour le film « Pulp Fiction » de Quentin Tarantino. Mais l’homme qui l’a créée, c’est votre copain ! »

Plus tard : « Je vais vous chanter une chanson nouvelle. Elle n’est pas encore enregistrée… » dit le chanteur avec son œil malicieux. Et pour cause : il interprète en fait l’un de ses standards, « Nice baie des anges ».

Changement de tenue, changement de style

Pose au milieu du concert. Dick Rivers s’éclipse le temps que son compagnon de scène, Oli le Baron, s’offre le public de l’artiste avec une chanson. Puis Dick revient affublé d’une veste de cuir qu’il laisse tomber quelques octaves plus tard pour afficher une chemise country ! C’est sûr, l’ambiance monte continuellement. Ça se déchaîne. Son tube « Twist à St. Tropez » y passe, tout comme d’autres. Le public est conquis au terme du concert (qui avait déjà très bien débuté avec une excellente 1repartie assurée par Chris Bakerhouseman). Il l’est encore un peu plus dans le hall, lorsque le chanteur passe en coup de vent offrir une poignée de dédicaces et poser pour quelques photos. Un OVNI est passé. AuthenDick !¦