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Article parue dans le journal var-matin.com

Dick Rivers au Casino

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God save the Dick ! Le chanteur donnera son seul concert dans le Var, ce soir à Hyères. Ci-contre, la pochette de son nouvel album, « L'homme sans âge ».

Loin d'un Johnny Hallyday, rongé par sa célébrité, ou d'un Eddy Mitchell fatigué des tournées interminables, Dick Rivers est le dernier rocker français, estampillé sixties, encore vaillant et avec une foi intacte. Tel un Johnny Cash Français (dont il avoue ne jamais avoir été très fan), il balade ses mélodies entre country, rock 60's et blues sans s'embarrasser des convenances de genre.

Dick le Niçois ? Que nenni. Dick le Hyérois puisqu'il se produit au casino des Palmiers ce soir et que les billets s'arrachent. Interview d'un chanteur pas blasé, malgré ses 48 ans de carrière et ses 700 chansons au compteur.

 God Save the Dick !

 

VM - Après autant d'albums et de tournées, on peut encore être sincère sur scène ?

DR - Bien sûr ! Sinon, j'arrêterais tout de suite. Vous savez, je ne suis fait que pour ça : interpréter des chansons et mettre le talent des autres en valeur en y ajoutant le mien. J'ai l'habitude de dire que je ne suis qu'un vulgaire interprète... mais ça fait 48 ans que ça dure ! Sans accrocs ou presque. J'aurai 64 ans en avril mais je me sens comme un éternel débutant. Mon dernier album - « L'homme sans âge » justement - a été conçu comme si c'était le premier de ma carrière. Mon enthousiasme est intact. C'est ma fontaine de jouvence.

VM - Des années 60 à aujourd'hui, vous avez tout connu et tout traversé dans le monde du disque. La crise d'aujourd'hui est-elle si grave ?

DR - Oui. Moi je suis à l'abri mais, pour les artistes qui débutent aujourd'hui, c'est dur. Pas étonnant qu'ils se raccrochent aux monstres des années 60 : les Beatles, Stones, Hendrix... Aujourd'hui, l'époque est vraiment bizarre. A la fois, Internet permet de faire connaître des gens qui n'auraient jamais franchi les portes d'une radio pour être diffusé. De l'autre côté, le téléchargement illégal et gratuit tue littéralement la création.

VM - On a dit la même chose quand la cassette audio est arrivée...

DR - Non, là, c'est plus grave. Les groupes et les nouveaux artistes sont paumés. Un ami m'a dit un jour : nous sommes dans une période d'inventaire. C'est tout à fait ça.

VM - On déstocke tout, alors ? Même le rock ?

DR - Oui, d'une certaine façon. Le rock, je pense qu'il est mort lorsqu'Elvis est parti à l'armée ! Je suis peut-être un extrémiste mais, pour moi, l'âme du rock, c'est la fin des années 50 : Eddie Cochran... Ensuite, ça a été un phénomène social. Il s'est adapté à l'époque. Comme nous tous...

VM - Jusqu'à n'en devenir qu'une posture, un argument marketing ?

DR - Oui, un lieu commun quoi. Je peux vous en parler longuement. J'ai tout connu : de l'avènement du microsillon jusqu'à la mort du CD.

VM - Mais vous écoutez encore de la musique ou pas ?

DR - Bien sûr : j'adore la scène actuelle : Biolay, Mathieu Chedid, Boggaerts et évidemment Joseph d'Anvers qui a été aux manettes de mon dernier album. Je me sens proche d'eux.

VM - Aujourd'hui, on vous compare à Johnny Cash pour l'attitude mais, à un moment, vous avez été tricard quand même ?

DR - Non jamais vraiment. Quand ça tournait moins bien pour moi en France, j'ai eu la chance de marcher très fort au Canada. Je ne me suis donc jamais dit : « Dick, il faut raccrocher ». Mon creux de la vague, je le situe entre 68 et 72 quand la mode était plutôt baba cool.

VM - Et le Sud, vous y revenez ?

DR - Ce sont mes racines : Nice où je suis né et, chez vous, un petit village cher à mon coeur car ma maman, aujourd'hui décédée, y avait des liens très forts : Flassans-sur-Issole. Pour le reste, je vis à Paris et j'ai une maison dans le sud-ouest où ma femme a des attaches familiales. Quant à moi, je n'ai ni frère et soeur et mes parents sont morts. Mais j'ai un neveu qui, à 14 ans, se met à la guitare et, de lui-même, s'est mis à écouter Hendrix, Deep Purple... Tout n'est pas perdu, vous voyez...

VM - On l'a vu : Eddy raccroche, Johnny fait une pause forcée à Los Angeles. Vous vous sentez proche d'eux ?

DR - Oui et non. Moi, je fréquente très peu les gens du métier. Mes amis, ce sont des garagistes, des viticulteurs, des gens de la vraie vie. Et puis, Johnny ou Eddy étaient Parisiens. Moi, je venais de la province. Cela n'a l'air de rien, mais ça joue.

VM - On retiendra quoi du rock au fond ?

DR - 50 ou 60 titres, pas plus. Tous Anglo-Saxons et tous inoubliables.

PAR FRED DUMAS

fdumas@varmat

 

 

 

La derniére mise à jour de ce site date du 18/07/11

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